La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

SOCTENECRS ET SOC1ENCS sible: ce qui, en se placant au point de vue des économistes orthodoxes, est un résultat dont il faut se féliciter puisque d'après ces Messieurs « quico11q1a1peporte so11travail à bo11marché es/ le bien-vem,.,, li est bon de relire à ce sujet la discussion qui a eu lieu le 5 mai 1880 à la Société d'économie politique de Paris et dans laquelle les paroles soulilignées ont été prononcées. Il s'agissait de l'introduction en Amérique <les Chinois qui menacent de supplanter les travailleurs de race blanche. Toutes les personnes pr.:sentes à cette mémorable séance, à part le Consul Américain et M. Limousin, ont déclaré que cette invasion des jaunes. dùt-elle décimer la classe ouvriere,constituait un évènement des plus heureux à cause du bas prix de leur main-d'œuvre. Puisque la prostitution permet à certaines femmes <le fournir leur travail à bon marché, il faut conclure que la prostitution, au moins dans ce cas, est une cause <leprogrès et <le richesse sociale. Voilà à quelles aberrations on aboutit quand on veut exclure des questions économiques les préoccupations de morale et <lejustice. L'action paupérisante du système capitaliste et de la grande industrie est si évidente qu'un économiste de l'école libérale M. Chailley écrivait récemment dans l'Eco11omisleFr,111çt1is du 22 août 1891, en critiquant les statistiques américaines relatives aux indigents:,, Mais que l'en- " semble du pays ait moins d'indigents,quïl y a dix ans,cela est ina<lmis- ,, sible.Lepaupérisme,en etîet,n'est pas la pauvreté.-- Unpayspeut ren- " fermer des milliers <lepauvres et pas un indigent. Le <?,111péris111c " 11ailpresquej1/,1/c1111'd1u1/déueloppcmeulde /'i11d11slrie. Or, tandis qu'en " 1880, les Etats-Unis étaient un pays encore essentiellement agricole, ,< - condition moins propre à l'éclosion du paupérisme, - en 1890, " au contraire, ils possèdent une industrie déjà formidable et leur " régime industriel est accompagné de toutes les circonstances qui peu- " vent favoriser le développement <lu paupérisme ( 1). ,,. Le paupécHé longtemps la grande pourvoyeuse des maisons de prostitution parisiennes. A SaintQucntin. on parle des plus grands désordres sur le ton de la plaisanterie. On dit des jeunes filles un peu coquettes qui s'attifent le soir pour plaire aux bourgeois en sortant de l"atclicr, qu'elles ,•ont faire leur cinquicme quart de journée on les appelle des rmq-qua,·ts. (Jules Simon, l'Ouvrürt. Paris 18;1, 7• édition). ( t) Nous trouvons dans la conférence déj:. citee de .TulcsGuesde le renseignement suivant relatif à l'industrie de la chaussure 3ux Etats-Unis. 11est vrai que l'auteur a le tort de ne pas ir.diquer à quelle source il remprunte. « Dans l'industrie de la chaussure, c'est bien pis • il y a soixante ans, le cordon- • nier - c'était un homme - faisait 2t)O paires de chaussures par an. Il y a dix ans, ~ homme, femme ou enfant, indistinctement, faisait 2.398 paires de chaussures. La • production, aux Etats-Unis, a passé de 70 millions de paires en 18◄3 à H:'i millions « en 1875 alors qus les cordonniers de tout sexe et de tout âge, qui s'élevaient à • 45.8,7 sur une population de moins de l!J millions, n'ét•ient que 48.0'JO avec une " population presque triplée. » 2

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==