La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

201 LA REVUF. SOCIALISTE Lo 28 Jnin, il est accusé d'avoir fait élever la grande barri- <:adede la Bastille. On lC'cherche pour une exécution sommaire. Aussi étranger ù lïnsurrection quïl l'avait été aux précédentes manifestation~, il n'échappe à la mort qu'en se mettant dans une cachette opportu no. L·onqnèto politique et judiciaire démontre bientôt qu'il n'a pas pris la moindre part aux éYènoments dont la direction lui avait été attribuée par une police au service do ses ennemis. Kéanmoins, pour no pas mettre les M-nonciatours tout à fait <lans leur tort, Cabet est condamné à un mois de prison pour quelques vieux fusil~, oubliés dans les bureaux du· Populaire. Il se soumet .'L cotte peine injuste, et se dispose à la subir, mais l'intérêt de ricarie réclame sa présence immédiate en Amérique. L'avant.-gardo, suivie de plusieurs autres envois d'hommes, do femmes et d'enfants, avait atteint le Texas, région, - soit dit entre parenthèse, - assez mal choisie, à cause du contact de l'esclavage qui avilit le travail libre. J\Iais ce qui a mit surtout décidé cette faute, c'est la concession faite aux ]carions par la législature de l'Etat d·un million d'acres de terre, aux bords de la Rivière rouge (Red River) et aussi, sans doute, le voisinage de cette Louisiane, où se parlait encore la langue française. Les premiers pionniers commençaient à défricher vaillamment la terre, qu:.ind leur arriva la fausse nouvelle de la mort de leur ChC'f,qu'ils vénéraient comme un père. Le découragenwnt se met dans leurs rangs.Tous, comme affolés, abandonnent leur culture et reviennent à la "'ouvolle-Orléans. Là le choléra les décime et, dans une d!llresse profonde, ils attendent dos instructions de Paris, car ils savent bientot que leur alarme n'était heurcusemC'nt pas fondée. Cabet est convaincu quo sa présence seule peut rallier une avant-garde on déroute. Il quitte nuitamment Paris le 13 décembre 1848, s'embarque à Liverpool pour l\ew-York et arrive sans encombre dans la métropole de la Louisiane. li y réunit cinq cents do ses prosélytes revenus du Texas et les laisse maitres de continuer ou d'abandonner l'entreprise, en leur exposant les <lifficultés, mais aussi les résu Itats féconds, s ï ls persévèrent. Deux cents parmi les émigrés, pris d'nne nostalgie irrésistible, demandent à retourner en France. ils reçoivent vingt mille francs pour se rrpatrier. Trois cents restent. Avec ces fidèles, qu'il décore du füre de Sotaats ae l'hwnanite. Cabet remonte le l\lississipi jusqu'<'LNauvoo, où le départ récent des Mormons offrait le précieux avantage d'.r trouver tout de suite les loge-

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