La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

C.\BET ET LES LC.\RLEXS ments C't les ateliers nt'.·cessaires,'t la colonisation, aYec un sol très fèrtile eL un climat a:-:sczsalubre. Les lcariC'ns 1lcYiennent, acquéreurs <lu plateau sur lequel s·i:,·leYaitle temple <les~lormons ainsi que <lC'sniines de CC't édifice, qui leur SC'rtù construire une école C'Ldes bàtiments en pierre <letaille. L'emplacement est <lespins fayorablcs. Les trois cents trnrnilleu1·s lui curent bicntùt donné l'apparence' d'une' jolie bourgade. La communauté s'organise et dan:-; l'espace de deu:--a. ns (<lu15 .'.\fars 1840au mois <le.'.\lai 18)1) elle obLiC'nt un acte <l'incorporation <lela législature dC'l'Illinois, sr donne une constitution spécialr et acquiert unr autonomie' qui rassure Cabcl sur l',n·enir de son œurrc et lui permet de s·abscnl<·r pour rc\·enir rn Europr. Il y t'•tait rappelé par le mois de rt'·clusion quïl s"était promis d(' sabir et tenait surtout A sejustifier d"une accusation qui l'avait fait condamnC'r, par contunrncr, ù une peine dure et imméritée. Xulle part la hainr poliliqur n·rst acerbr, inique' et pC'rsistante cornmr en France, où les parlis sejettent ù la face des imputations lC'splus incroyablrs, a,·C'cnne rare ft'.·conditédïmaginalion. La calomnie, si absurde qu·clle soit, ne leur coùlc riC'n. Don Basile, sïl rsl né aux bords du GnadalquiYir du tt>mpsde la Saintr Inquisition, a transporté drpnis lon1sle111pson domicilr ù Paris. Après chaLJue mouveme11tgént'.·rC'uxde la glorieu,e cité, depuis 80, il Yicnt souffler à l'oreilit' dC' la réaction rn désarroi quelquC' méchante rt fausse allég-ation pour discréditer et avilir ceux qui ont la confiance populaire. On aurait dit t'pllist'•s IC'smcn~ong-esdt'.·bitt'.•c;;ontre le bon rt probe Cabet: LCp' lus extrarngant attC'ndait son ab,;encc pour ~C' produire. ll fut accusé, - cet homme d\1110 clélicalC'ssepuritaine - de n"étre qu'un C'scroc. Sïl avait publié son rou(loe en Jca,•ie, son rral Christianisme, son Illstoi1•e ae la Rcvolution, so:i journal et une quantité d'antres écrits on brochures, c'était - prétendaient lrs .'.\lelitus cl les Ani tu:; d(' cc Socrate. - une manœuvrc frauduleuse pour amener de nombreux travailleurs à lui confier leurs épargnes qui lui permettaient de viuc en Amérique dans le luxe et l'abondance, en se moquant de sesdépossédés. La Colonie, ajoutaient lC'sdénonciateurs, n't'.•tait qu·une opération fictive. n'ayant eu jamais d'existence réelle et l'existence g-éogra.phiq11e1111\mede Xauvoo devait t\lrc considéréC' comme problématique. Le tribunal corrcctionnrl, qu'on aurait supposémoins impartial et plus savant en Géographir, prit au sérieux toutC'sces balivernes, accorda ,'t l'accusé desdélais insuffisants et lui infligea, en son absence, deux ans de prison, a,·cc la p1·vi ation des droits politiq ucs.

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