ms LA REYUE SOCIALISTE tiennent exclusi\·ement à personne. A quel titre et de quel droit? A titre et à droit divins, établis et maintenus par une Providence supérieure? Dans l'antiquité, en effet, l'institution de la propriété était incorporée dans la religion. Il y avait même des dieux spé.;iaux pour la consacrer et la garder. :\Iais ces dieux sont morts, et d'autres, venus après, sont morts aussi. Que l'on croie encore ou que l'on ne croie plus à la Providence, il me parait désormais impossible ùe soutenir l'origine divine de la propriété. La propriété est une convention humaine, eL l'histoire nous montre qne cette conYenLion a subi dans le cours des siècles, des modifications sncccssive,-, scion les coudiLions éco11orniques des peuples. Commune à l'époque pastorale, parce qn'il fallait aux peuples-pasteurs d'immenses espaces, toujours renouvelés; et inùiYiduelle à l'époque militaire, parce qu'alors elle nait de la conqnète et qne l'action conquérante a pour principes le concours pour reussir, le partage après la vidoire; la propriéL& tend à devenir non pas banale, chose sans maitre, res mûlius, proie offerte aux premiers occupants, mais le fonds social, appartenant ù Lous et n'appartenant ù personne en particulier, parce qne, de plus en plus, le régime industriel a pour effot ù la fois d'agglomérer les capitaux et les travailleurs, ai1,si que de concentrer dans une mème entreprise une foule de métiers jadis séparés. En sorte que de plus en plus, l'effort individuel est. dominé, commandé par l'effort collectif, et qu'il est de plus en pins impossible rie détrrminer quelle est la part exacte qui peut revenir, dans un trarnil quelconque, ù chaque travailleur, sur la plus-valu0 que ce travail a donné à la propriété capitaliste ou foncière; et que de cette association des métiers et des ouvriers dans un atelier commun naissent. Haturellement les idées de solidarité, de justice dislributi ve, d'égalisation des charges et des dernirs qui caractérisent le socialisme moderne. La vérité est que cette terre, les richesses accumulées qui constituent ce qu'on appelle le capital, nous les avons reçues gratuitement dc nos prédécesseurs et nous devons gratuitement les transmettre a nos successeurs. ?'ious n'avons qu'un droit: celui de prélever sur ces richesses, que notre travail conserve et ac-croit, l'indemnité nécessaire pour l'entretien de notre existence et de nos forces. La propriété a beau être indidduelle, avec le caractère le plus absolu que l'on puisse imaginer. En somme, le propriétaire n'est qu'un usufruitier. Personne en mourant n'a Je pouvoir d'emporter la part de terre ou d'argent qu'il possède; personne
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