La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

L.\ Dt.POl't:L.\ TIO:\" DE L.\ FRA:\"CE lfl7 Aussi, !('s conséquences normales d(' cette véritable association des deux catégories de l'C'xploitation sont d{•jà visibles: « Une proposition, dit :\1. E. Arago - a i•té ri•cemment prés('ntée ,l l'Assembl(•(' gl'.•nfrale des brodeurs dans le bul de fusionnC'r les dC'ux fédt-rations, c·est-ù-dire d',ulmcttr(' dans la fi·dération ries brodeurs tous l('s ouni('rs dr fabriqul's qui drmanderaic•nt ù ('n fair(' partie. Le jour oit la plupart drs ounie>rs seront fi•lh'.•rés, la fusion s'accomplira d'rllr-mêmC', et tout le per:;onnel industriel <lela bro lerie aura, pour ainsi dire, son code, son parle>mcnt, son pouvoir ('xérnlif. » c·est ain:-..i, très probablenwnt, que IC's prtits commerc('~, lrs petite'l industries se gronlwront et se fusionn('ront pour rssayC'r d(' résiste>r,\ la pre:-sion du grand capitalism('. Et qui ne voit, dans c,,s associations, d('S organisations - embryonnairl'S, sans doute,- rentrant dans le cadre de l'holution i•conomique>, au bout de laqurlle le ca1,ital, socialisé, sera lïnstrument du travail, t~galement socialbé, au lieu d'être cc quïl est aujour- <lïrni : sou oppresseur et son maitre? Ces -olutions dont nous sentons tous l'app1·nche. sans <loulc n(' se réa!is('ro1lt pas toutes en;;('mblc et d'un seul coup. ,1c crois qu'('lle ne S(' résoudront que progressivement. <l'abord par la main-mise de l'Etat sur les grandes industriC's qui ont le caractfre le plus é\'idcnt de S('n·ices publics: minPs, carrière,,, transports, constructions de machines, constructions maritim(' , banqu(' , etc.: ensuite sur J('s grands commerces c(•ntrafüés, relatifs à l'alim('11lation, au vt'tenwnt, à l'ameubl('- mrnt; enfin, et par voie ,l'extension fatale, sur les prtits commrrces et le" petite· indu tries. Quant ù la petite propriété foncièrr,ellc résistera plus longtrmps, parce qur, avant de se rendre, le possesst•ur rural t•pui,('ra toutes !('s ressources ùc son énergie, et parce que, aussi, c·est là qu(' les mœurs individualistes ont poussé leurs plus for les; racines. 1Iais, du rcsle, il ne s'agit, là ni ailleurs, de partage forcé ni (!(' confi cation violente. C'est la pous ée des phénomènes t'.•conomiqursqui, S('ule, amènera les transformations normales. La propriétl'.• individuellr a été, comme la religion surnaturelle, une institution sociale ayant sa raison d'ètre, son utilité, :,.amorale. Aujo11rd'h11i,les conditions économiques sont tout autre$: rllr!- se modifient irrésistiblement, non dans le sens de lïndivid•1alisation <lestravaux humains, métiers et industries, mais au eontrairr dans le sens de leur association. Au fond, ni la terre ni les richesses qu'elle produit n'appar-

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