La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

lflü LA RE\TE S0('1.\LISTE locaux provinces, cantons. communes - une autonomi<' sum~antc pour qnc l'EtaL central se trouve déchargé de tout cc qui n'a pas le caractère d'un grand scn·ice public et national. A~s11rt'~me11lat. province, le canton, la commune, c'est (oujours. au fond, l'Etat; mais c'est l'Etat simplifié, débarrassé ùc son formidable appareil bureaucratique; c'est l'Etat devena11L l'expression bien dt'.•Lcrminée, directe, immédiate cL intime de chacune de, agglomératluns locales qui ont, en mème temps qu'un<' existence et qu'une dcslini•c communes. une Yir, une physionomie ù part, des inlérèts et des besoins particuliers. c·cst par lù, par ces associations localisées, que s'opèrera la granùc transformation économique, non pas brnsqucmcnt, je le répètr, mais par degrés, par étapes ,;ucccssi \"CS. Cc que pourront ètrr, chc,, nous, lrs premières (banches d<' collrcti visation. dans cc qne j ·appel lerai la période de transition du régime indh·iùualistr au régime socialislr, je serais asse,, enclin ù le voit· dans celte association des brodeurs de SainLGall, d<'.•critc- 1111 peu trop sommairemrnt - p::11· :\I. Emmanuel .i.rago, en son rapport sur les conditions ùu traYail en Suisse. Cette association, il est Haî, ne comprend que les commerçant , pclits patrons et intermédiaires. :\lais, à coté, s·cst constituée une association des ouvriers brodeurs, cL les rapports entre ces deux. fédération:; sont réguliers cLféconds. La durée du trarnil, la réglementation de la production des machines, la limitation minima des salaires ont été établies et sont observées sans difficulté:;, d'un commun accord par les patrons el les ouvriers. de nOH\'C'au in,·oqué p.ir ces deux honorables députés poul' << i1n·itcr le gouverne· 111entà pri•pa,·er et â rropo,er, le plus tôt possible, un projet <le loi modiii,wt l.i loi milit,ure du t:; juillet l~~!), de maniere a diminuer. dans une large mesure, les charges c1sipèsent sur les familles nombreuses. » Mais f,IUt-il se leurrer d'illusions, et croire que ces réformes, si timides, si incomp!Nes qu'elles soient. pourront ètre réalisées pat· le Parlement actuel, ou par le Parlement qui lui su.:cedera 1 Fussent-elles votces pat· la Chambre - ce qui est extrêmement douteux - il est cert..1in qu'elles tl'Ouveraieut au Senat un accueil qui ne leur permettrait pas de se re1J1·ésente1·de longtemps. Ce qu'il fauJratt, d'ailleurs, pour étudier d'ensemble et codifier toutes les mesures propres â diminuer la dépopulation, c'est ce qui manque le plus aux assemblées délibérantes: l'esprit de suite el de décision. Certes, ces mesures, et d'autres analogues, seraient cependant utiles. L'urgence les imposera sans doute un jour prochain, et elles auront pour efTet prob,ble ù'attcnuer, ùe r3leutir notre ùccadence nationale.

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