La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

L.\ D~:POPI;LATIOX DE LA FRANCE 195 bien aviser pour atténuer ou retarder la marche d'un phénom/;ne qui met en péril notre existence comme nation (1). Les solutions décisives, radicales, sont au bout du double mouvement qui, d'une part, pousse la classe capitaliste à se concentrer, à se contracter, à se réduire de plus en plus à un petit nombre de gros possédants; et d'autre part la classe travailleuse à absorber dans son sein, par la force des choses et l'évolution économique, la classe bourgeoise, seule intermédiaire entre elle et le syndicat ploutocratique. Du reste, il est probable qu'u11e large décentralisation à la fois politique et administrative, aura déjà donné aux groupes (!) li est cert-ain, par ex~mple, qu·une des causes les plus acti,·e~ de la:depopulation est dans nos lois successorales et dans nos lois militaires. Dans une toute récente discussion à. l'Acadëmie de ~[éde1:ine,M. Lefort démontrait que « la restriction volontaire du nombre des cnf,rnts est une wnsèquence logique de la loi sur le partage égal de l'héritage. » « L'action du Code Civil rend compte de l'abaissPment continu et progressif de notre natalité. A mesure que les génërations se s•1ccèdent, les héritages se subdivisent, le nombre des propriétaires augmente, et avec eux augmente le nombre de ceux qui sauvegardent la situation pécuniaire de la famille par la restriction volontaire de la nataliti,. » Rien de plus vrai. ll!ais comment réformer la loi successorale? Quels législateurs oseront toucher à cette égalité cle l'hërédité qui, en France, a si profondément pénétré nos idées et nos mœurs? L'entreprise me parait aussi ditlicile que celle qui aurait pour but de supprimer le sutfi-agc universel. bn tout cas elle dépasse assurément la capacité révolutionnaire et réformatriee <les parlementaires. !11. :II.1reGuyau proposait, sans s·attaquer au· principe du p:irtage egal, une mesur" fiscale qui aurait peur-être une certaine elllcacité sur Id natalité. Cette mesure consisterait daus la modification du tarif des droit~ successoraux, basce sur le nombre des enfants héritiers. Ainsi, U..Lnsce système, 1 enfant paierait 20 % 2 1;; % :1 4 5 6 7 plus de 7 lO % 8% \i ¾ 4 % 2% l ~'o (ou entiérement déchargés). Quant à nos lois militaires, qui pèsent d·un poids si lourd sur les f.1milles nombreuses, des propositions ont déjà été introduit~s au Parlement en vue de rendre ces lois plus favorables a la procréation. En Jt,S:;, un dcputé M. Ja,-al, avait proposé que deux ou trois frères en même temps sous la drapeaux ne fussent tenus ..nsemble qu•à. trois ans de service, et que tous leurs autres frères fussent de droit exemptés. Cette proposition qui ne fut pas votée, ,·ient d'être reprise par 111 \l. de .Montfort et de la Ferronays, ou tout au moins la motif qui l'avait inspirée est

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