La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

L.~ REYUE SOCIALISTE Il I. );'ous l'avons vu : lïnévitablc rt'.•sultat de la concentration capitaliste et foncière, contre laqnellc rien, actuellement, n'est en mesure de réagir, sera, dans un avenir plus ou moins prochain, de couper le càble enlrc les dirigeants et les dirigés. D'un côté, toute la pnissance capitaliste concentrée, cristallisée pour ainsi dire sous une sente raison collective: la raison Rothschi Id. De l'autre, toutB la puissance travailleuse, représentée par plus de trente-cinq millions d'êtres humains. Cc jour-hi, le problème social se po~era en pleine lumière dans sa terrible nettPté, et il faudra bien qu'il soit résolu. ~Iais cc jour-là aussi, la question de la dépopulation aura fait un grand pas. Car, en effet, la dislocation des classes bourgeoises, et leur retour an prolétariat auront naturellement fait disparaitre la grave difficulté économique spéciale à ces classes possédantrs. Puisque, ainsi quïl est constaté par toutes les statistique~, ce sont les classes salariées, les classes pauvres.qui produiseu t le plus, l'absorption de la bourgeoisie dans ces classes aura pour résultat de renforcer la masse prolétarienne de toute une catégorie de citoyens actuellement infécouds qui, affranchis des motifs économiques qui les obligeaient à se restreindre; n'ayant plus le souci du bien à conserver ou à accroitre, l'horreur du partage et du morcellement de leur propriété; n'ayant plus, au même deg,·é, le souci d'une éducation et d'un élevage d'enfants présentement très onéreux, eu revenant aux mœurs et à la vic des ouvriers, reviendront à la procréation normale. Je dis qu'alors la question de la dépopulation aura fait un grand pas. Je ne dis pas qu'elle sera, elle aussi, ipso facto, résolue. En réorganisant le régime <lntravail humain de tous pour tous, il faudra assurer anx enfants des Lravailleurs, par l'instruction intégrale, intcllcctuclle et professionnelle, gratuitement donnée, leur place légitiB'.ledans l'atelier social. Il faudra que la Collectivité,-l'Etat,la Commune,l'Association corporative, peu importe - considérant que l'enfant, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'àge adnlte, ne doit pas être pour ses parents u11esurcharge sans compensation, dégrève ceux-ci d'une part d'impôts pt·oportionnellc au nombre de Jeurs enfants. Car, en réalité, accroitre le nombre des membres d'une associa-

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