La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LA DÉPOPCLATlOX IJE L.\ FRAXCE 103 tion de trarnillcurs, c·cst accroitre les forces prodnctriccs de cette association; et loin que, comme cela existe· aujoun.l"hni, cc soit le père de famille qui, en cc cas, soit débiteur enYcrs la sociélé, c·est la société qui est débitricr enYers lui . .\fais à.cc point de Yuc, l'enfant, outre sa famille directe, a pour tutrice la collectiYilé sociale. Il est donc du devoir de !"Etat, par des institutions de prévoyance, d"assura11c0, de secour,,, quïl n·entrr pas dans mon cadre d'étude d"analyscr ici, de concourir ù l'entretien, à l"lilcYagc de !"enfant du travailleur. Cc n·est plus, dé,,ormais, devoir de charité; c·e,,t dc,·oi1· de justice el dïntér(;t public. Et tout d"ahord, et avant tout, affr;,ncliir la femme, fille, épouse ou rnèn•, affranchir !"enfant de la scrriludc industrielle. La place de la femme (en dehors des occupations professionnelles spécialement ft'•mininrs) est dans son foyer, rt non pas à. l"usine, à. la fabriqur, dans le dnr rsdarnge d'un traYail souvent malsain ou rt•pugnant, au miliru de:; promiscnilés encore plus malsaines qui la dt'.·gradenl et la perdent. La place de l'enfant est auprès de sa mèrr, dans son premier ùge, et plus tard à l'école; et non pas comme nous le voyons aujourd'hui dan le g-rands centres manufacturiers, dans les pays des mines, assu_jelli, par un monstrueux abus de la faiblesse, à des labeurs qui dépassent sr;; forces ou les épuisent. Cc n·cst pas tout de procréer as;;ez d"rnfants pour accroitre la population nationale. Si, par les trarnux imposé;; ù la femme, on tarit dans sa source la fécondité humaine; si on atleint l'enfantjusqnc dans le flanc maternel, en vouant la femme à des fatigues physiques qui troublent, entravent et souvent rendrnt funeste cette période si délicate de la gestalio11 ; si, après l'enfantement, la mère est dans lïmpossihililé, soit de nounir cllc-mème, soit dr soigner son enfant, comme une mère seule sait et doit le faire. EL si, d"autre part, ratelier, l"usine, renfcr de la mine s·emparent de cc pcLit èlrc ù peine formé, en pleine crise de croissance. et de cette bouture d"hommc font un travailleur; si, de cc corps encore si frète etsi faiblr,(011 fait je ne sais quelle chair ,\ machine en attendant que, plus tard, on en fasse de· la chair à canon: Dans les deux cas, qui, d'ailleurs, s·cng<'ndrent l'un par l'autre et s'accumulent, c·est à la dépopulation que !"on court, par [\'•puisement prématun'•, raffaiblisscment de la race, et par conséquent l'accroissement de la mortalilé. Oh! je sais bien la grarn objection. Le trarnil de la femme et de !"enfant est indispcnsablé pour parfaire le salaire insufil13

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==