188 L.\ REVUE SOCIALISTE sans cesse. C'C'stune régénération perpétuelle; l'ouvrier d·aujourd'hui est le bourgeois de demain, et aprcs-demain sa race n'existera plus. ii Ainsi, ce fameux« chacun pour soi ll, aboutit, en définitive, il cette contradiction étrange, que l'immense majorité des hommes travaille, souffre et crève de faim pour nourrir et entretenir dans le luxe. dans l'oisiveté, dans le vke, dans la corruption quelques privilégiés - qui se renouvellent, il est vrai. Le« chacun pour soi i>, en fait, se traduit par:« Tous pour q_ uelq ues-nns ii. Et c'est ainsi que, par la force des choses, quand on examine le fait social, on se trouve amené à cette constatation : que l'appropriation individuelle des capitaux et de la terre, par quelques-uns au détriment de tous, est la seule cause de la misère et de la dépopulation. A cet égard, on peut dire que tous les grands penseurs, tous les philosophes, tous les écrivains dignes de ce nom tendent vers cette conclus[on inévitable : « Le besoin qui prédomine aujourd'hui - dit PouletScropp - semble être celui de connaître exactement les vrais intérêts de la société. « Le peuple ne croit pins à l'inévitabilité de sa misère. ,< II faut pourvoir à cet état de choses. Car il est étrange qne la richesse des uns s'accroisse d'nne part, quand d'autre part. s'accroit la misère de la majorité, et que les hommes déchoient à mesure que s'accumulent les richesses. i> - " C'est la forme de la propriété actnelle qu'il faudrait changer si nous voulons gnérir le mal social ii - écrit ~1. de Sismor.di dans ses Nouveaux principes. Et .John Stuart Mill : « Si l'orr,anisation actuelle ne devait pas s'améliorer, un -0ommunisme autoritaire qui apaiserait du moins tant de maux serait préférable. << Nous regardions dans l'avenir, vers un temps où la société ne sera plus divisée en oisifs et en travailleurs, où la règle que celui qui ne travaille pas ne doit pas manger ne s'appliquera pas seulement aux pau,rres, mais impartialement ,'t tous; -où la division des produit.s du travail, au lieu de dépendre de l'excédent des naissances.s'effectuera d'après un principe reconnu de justice, où l'on ne croira point impossible pour des humains de travailler avec entrain pour des bénéfices qui nE:Leur appartiendront pas exclusivement, mais qui seront partagés entre tous. <( Le problème social de l'avenir nous semblait consister
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