LA DÉPOPULAT101' HE LA FRAKCE 187 Le socialisme est arri,·é aujourd"hui à la formulation à peu près complète des véritables droits de l'homme et du citoyen, au donblC'point dP vue politique et économique. Il s·en fant qu'il ait encore formulé, autrement qur par de vagues dcsirlerala, les véritablesdevoirsducitoyen et de l'hommC'. Or, ainsi que l'a proclamé l' Internalionnte: Pas de devoirs sans droits, pas de droits ans devoirs. Mais pour constituer le code des devoirs humains, il faut une morale, et dans l'écroulement de toutes les croyances religieusC's, il semble que toute idéedemoralenitdisparu. Un scrpticisme corrosif dessèche tous les cœurs. Traditionnelles vertus familiales et civiques, abnégation de oi devant. l'intérêt public, dévouement désintércs$é à l'égard de ses semblables, respect, confiance et soumission envC'rs les supériorité· morales et intellectuelles, pitié, charité, justice C'nYersles infériorités physiq nes et mentales,conscieuce et probité ,!ans l'accomplissement des obligations professionnelles 011 des fonctions publiques: tout cela, autant de textes à tri blague. Qui est-cc qui croit ù l'homme d'Elat intègre, capable dl' sacrifier ses intérèts privés au bien de la République? Qui est-ce qui croit au juge impartial, n'hésitant pas, entre une sentence inique qui fav,)risera. son avancemC'nt, et un juste arrét qui le compromettra, à prouoncer celle-là? Qui est-cc qui croit au bon patron considérant C't traitant ses ouvriers comme ses enfants, et réùuisant de son plein gré ses bénéfices pour acr.roitre leurs salaires? C'est l'intérêt personnel. c'est-à-dire l'égoïsme qui domine, inspire et règle toutes les relations des hom:n<'5entr'eux. An fond, il n'y a pins de société: il n'y a que des individus, qui luttent entr'eux pour l'existence,ponr la conquête de la richesse ou du pouvoir, ponr la satisfaction de leurs ambitions, de leurs vanités, de leurs passions. Chacun pour soi, et rien pour tous: telle est l'unique loi qui semble rallier toutes les conscience , dans l'anarchie morale, politique et économique qui nous consume. Mais le chacun pow· soi est une cruelle mystification, car chacun ne peut rien pour soi, si de gré, ou de force, ou de ruse, il n'obtient le concours des antres. Et c·est ainsi qne dans tout(> société individualiste, les gros mangent les petits, les forts écrasent les faibles, quelques-uns s'enrichissent aux dépens de la masse, toujours croissante, vouée à l'éternelle mis/>re. « La classe sociale qu'on appelle bourgeoisie, - dit quelque part ~I. Richet, - est corrompue jusqu'aux moëll<.'s. Si la bourgeoisie ne disparait pas, c·est parce qu'elle se rcnouvellt~
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