LA D~POPULATIOS DE LA VRASrE 183 n'était investie qur du dominiu11i cli1·ect1tm, la seconde jouit au i dn clo111initt11ui tile. D'ailleurs, aux biens des ncbles, celleci a ajouté une grande parlie des terres de main-morte, ct dcpuis un sH·cle elle a encore arrondi ses possrssions de nombreux: champs achetés aux: paysans. ~ Ainsi que le montre :'Il. Toubeau dans son élude sur: Lr,, Populr,,tion agricole et le personnel de l'Agricultul'e, sur 32 millions d'hrctares cultivés, sur 59 millions d'hectarcs cullivables, 1millions d'hectares seulement appartiennent au paysan qui fait valuir son propre fonds sans l'aide d'ouvriers salariés. 15. 380.0:39 hectares sont Ji visés en 1.121. 917 rxploitations; et 13.192.·lJO hectarrs sont r(•partis en 1.097.117 domaines. Soit au total 32,872.589 hrctares rcpré entant la surface territoriale culti,·ée de la France, et 5,422.:l3l ex:ploilations, représentant environ cinq millions de propriélaires. Ainsi, sur 23 millions de paysans que comporlc notre popu, la lion française, il n'y a environ quc 5 millions de propriélairestout le reste travaillant sous un des trois modes propres aux: nonpossédants: le salariat, le métayage et le fermage. « La grande propriété occupe aujourd'hui une surface plus grande qu'il y a cent ans, et le droit de ceux qui la détiennent a 1111 caractèrc plus absolu et plus tranchant qu'il n'a jamais eu depuis \\'•poque romaine. » Sous le ministère Turgot le quart du sol appartenait aux: laboureurs. Aujourd'hui, les pelils cultivateurs no r,os èdent pas le 118des terres eu Itivécs. Si,comme l'a(lfrment les économistes patentés, la petite propriét(! rurale ne cesse de se dévcloppcr en France, répandant de plus en plus le bien-être et l'aisa11ce,d'où vient donc que nolrc industriP agricole, loin de progresser, dépérit de jour en jour; d'où vient que, de jour en jour, nos campagnes se dépeuplent au profit des villes ou au profit des pays étrangers? La vérité est que, plus nous allons, et moins le petit propriétaire foncier peut lutter contre la spéculation des gr·ands agioteurs capitalistes, faisant à leur gré la hausse ou la baisse sur l,•s céréales, à. leur gré provoquant la surabondance des produits ou la disette. Contre cette puissance formidable du capitalisme qui écrase le marché national sous la concurrence des marchés exotiques, le petit paysan propriétaire, malgré des prodiges d'ordre, d'économie et de travail, se voit irrésistiblement vaincu. A surément, des lois empiriques peuvent ajourner son éviction défini ti ve.
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