~[ORALE RÉPUBLICAIXE li9 L'E'.•tablissementde l'égalité dans la société rencontre toutrs sortes d'obstacles : d'abord les hommes sont loin d'être égaux en réalité, ensuite chacun tend à dominer son ,oisin, personne ne veut être rangé dans le commun des mortels, nous prétendons tous ètre plus distingués que les autres, avoir J1lusd'esprit, plus de naissance,plus d'intelligence. Bien rares sont les hommes modestes qui se contentent d'être an niveau moyen de lrurs compatriotes. Ensuite nous sommesavidrs.ambitieux, cupides, avares, chacun de nous voudrait accaparer !'uni vers entier. Voila toutes les passions de notre cœur, en gnerre contre la justice et pour lutter contre ce débordemrnt de l'égoïsme, cet appel timide de la conscience qui nous dit que notre voisin est un homme comme nous, que ses Jroilssont {•gauxaux nùtres, que nous devons les respecter.Allons nous étonner après cela que la justice ne gouverne pas encore le monde. Un autre obstacle à l'établissement de lajnstice, ce sont les faits économiques : 1° la richesse qui tend toujours à s'accumuler de plus en plus dans les mêmes mains; 2° la tendance du genre humain à augmenter en nombre au-delà des moyens de subsistance; ce qui fait que chaque pays renferme toujours un nombre considérable de besogneux et même d'affamés; 3° les faiblesses inhérentes à l'humanité, qui font que lrs uns tombent dans la misèrr, par débauche, ivrognerie, paresse, incapacité, maladies, acciùents, etc.; 1° la nécc:ssité du trarnil rt la subordination quïl entraine; 6° la guerre a,·ec ses con équences: discipline militaire, spoliation du vaincu, etc. Yoilà autant d"obstacles à l'<'.•galiléet à la justice qui permettraient de dire que l'égalité est incompatible avec J"ét.1t social et avcc la civilisation. :Mais !'an linomie n'est pas i rrémé- <liable si clic ne peut être détruite entièrement, elle peut du moins disparaitre en partie et l'humanité peut tendre vers une ~galité de plus en plus approchée. Ce u·estque tardivement, que la philosophie a reconnu que le lien qui unit les hommes ne pouvait t\tre qu'un contrat de mutualité. tous les moyens que la nature a mis à leur disposition, en commençant par le vol et le meurtre, mais il "" pousse pas la logique jusque là. JI faut vraiment être imbu des idées de naturalisme, pour YOirdans une nation civilisée, un organisme naturel. Dira-t-on qud des tribunaux, des chambres législatives, un ministère responsable, un prësiJent Je République ou une reiue irresponsables, sont des produits de la nature 1 que des Compa~nies de chemin de fer ou de navigation, des armées et d.,s flottes avec leurs hicrarchies compliquées, tout cela .peut-il être considërë comme des crëations spontanées Je la nature.
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