La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

180 LA HEYCF. SOCI.\LlSTE Ainsi dans l'antiquité, la religion était le lien et la loi de la Société, tous ceux qui adoraient la mt•me divinité étaient compatriotes, les autl'es ék1iC'11éttrangers, c'est-à-dire ennemis. C'était dans la crainte dC' déplaire aux dieux que l'on se montrait clément, juste, fidèle à ses C'ngagements; on les prenait à témoins de la parole donnée, pour mieux s'attirer le chatiment si on y manquait. Enfin toute moralité, tonte justice Yenait de la religion, qui ,~tait alors le fondement de l'éthique. Aujourd'hui celte science doit chercher ses principes dans !(} contrat synallagmatique qui unit les hommes en société. Le contrat social pC'ut-il t'.-tredénoncé par un citoyen? Cela n'est pas possible, l'homme ne pou\'ant Yivre autrement qu'en soci<'.•tél,e contrat e::;tobligatoire pour tous, celui qui le dénoncerait deYiendrait pa1· là même un ennemi de la société et den ait être exc I u. CC'pendant on objectera qu'on ne l'a jamais signé, ce soidisant contrat: cela est uai, la naissance seule nous l'impose; mais je crois qu'il serait bon d'instituer une cérémonie, par· laquelle tont jeune homme, ayant acquis l'àge d'exercer les droits politiques serait consacré citoyen et jurerait obéissance aux lois. A partir de ce jour il serait considéré comme membre· actif de la cité. Ce serait une sorte d'initiatiou analogue au baptême. Actuellement, l'adhésion au contrat social est purement tacite; tout citoyen bénéficiant des arnnt11.gesde la société, doit f'n subir les chal'ges et de\'ient coupable s'il cherche à s'y soustraire. TRUBLEAU.

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