La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

)JORILE R~:PUl!LIC.11,Œ 177 Xul, ~i cr 11·est Proudhon, n'a montre que le rp,-pect ,lp l'homme pour son srmblablr était le fondcm<'nt dr toutejustic<' et la base de la :\Ioralr : qur la rrconnaissa11cr formellC' de la digniU• et de régalité des roncito,rens C'nlreeux formait le contrat social, lirn dr toute soci(·tu et dont lrs difft'.·rcntcs 1·eligions ont été les symboles. Il serait cependant bien urgent dC' r(•pandrc dC' saines notions dr philosophie, car nous sommes actuellement tri.•s <lumoralisés, non pas que nous ;;oyons pirr qu·autrC'fois. mais lrs plus honn1\tesgens eux-mt\mes ag-i--ent 1.Juspar habitud1' que suivant drs principes bien elair,;. c·est lil un état de scepticisme dangereux cl quïl importr dt• faire c•1•sser. Dan les lyct:r , rt>nseignement dt' la philo;;ophiC' et de la ~forale est considi'.•ré comme très accessoire, 011 y adopte généralement la doctrine de Kant, qui est ,l peu près inintrlligible, de so1·teque IPs élt'.)1·ens'en conserl'cnt <pH' 1,, soul'enir confus dr quelqu<' chose de très en11uyeux. ,\ cùté de cela lt•s conYictions religieuses disparaissent de pl us en plus rt il fa11t reco11nailre quelles ùonnaient à rhomme une thi'.·orie commode pour sa conduite; 01111·al'aitqu'ù sui1Te la rnlo11té de Dieu, tout était dit, le pr<\lre était lil pour (•claircir les cas douteux. YI lJIFFICrL T~:s Qt:E PRi::SEXTE L ·:i::T.1 llLISSE~IEXT DE L.\ J t:STJCF.. Co qui déconcerte resprit religirux dans la nou1·clleconct'ption de la moralf.' que nous Yenons dïndiquer, c·cst que nos actions n·ont plus de anction, nous rùt rnus pl us là le bon Ilien pour nous récompenser Pt pour nous punir à l'occasion. Le seul motif qui nous reste de vivre vertueux c·est ln satisfaction de notre dig-nilé, c·est la persuasion dans laqUt•lh' nous somm<'sque lï11justicc nons abaisse, nous fait déchoir. Il fauL a,·ouer que cc sont là des motifs qui S<'raient d·1111 bi('n faible poids auprès de beaucoup d'espl'its, que plus d'un trouYera que cc ne sont pas lit des raisons suffisantes pour sïmposer des sacrifices qu·exige souYent la Ycrtu. C'est pourquoi la justice doit, elle, être consacrée par des lois aussi explicites que po sible, la conscience seule ne suffirait pas à l'imposer à tous, il arril'erait que les bons et les faible,; seraient les victimrs des mfchants et des forts. comme dans l'état de nature où chacun suit ses instiucts et s'adonne à ses passions, tautot généreuses et tantùt crnelles. 12

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