lîû LA REVUE SOCIALISTE IV PROGRÈS MODERNES DES IDÉES DE JUSTICE. Telle fut jusqu·au siècle dernier, la marche des idées dejustice et de morale en Europe. Au dix-huitième siècle, la philosophie commence à éleverdes doutes sur la source divine de l'autorité des rois. JeanJacques Rousseau met en avant l'idée d'un contrat social; enfin la nécessité des temps oblige la royauté à consu!ter la nation, la Révolution française éclate, la nation reprend sa souveraineté. Le premier principe proclamé par la Révolution c'est l'égalité devant la loi, plus de clasr-es, plus de privilèges, tous citoyens égaux. En réalité, c'était la première fois qu'un sem-· blable principe était proclamé dans le monde et cPla explique le retentissement de notre grande Révolution et l'écho qu'elle a trouvé clans l'univers entier. Un autre principe de la Révolution, c'est que la loi émane de la nation elle-même, qui légifère par la voie de ses représentant~, élus par la nation toute entière. Car l'exclusion d'une partie des citoyens qui ne se trouveraient pas dans certaines conditions de fortune serait contraire à toute justice: le suffrage universel est de droit strict. Les lois deviennent ainsi la formule même du contrat social, qui cesse alors d'être un contrat fictif, un concept de notre esprit, pour devenir un contrat formel, explicite, dont la teneur est renfermée dans les codes. Ces principes sont aujourd'hui admis dans tout le mondecivilisé avec quelques restrictions. V :llÏÉCESSITÉ D'UNE KouVELLE THÉORIE DE LA MORALE. La Philosophie classique n'a pas encore formulé nettement,. la théorie de la justice et la morale en rapport avec notre état politique. Les utilitaires considèrent la Morale comme la pratique de l'intérêt bien entendu. D'autres philosophes procèdent de· Kant et de son impératif catégorique, que Schopenhauer a si bien démontré n'être que la volonté souveraine des théologiens~
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