La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

~!ORALE R~;Pt:BLICAI:>E 173 pa:1qncst.ion de libre contrat, de conventions faites entre égaux. chacun a son rang marqué par la naissance, ù l'ainé le commandement, aux autres l'obéissance. La religion vient encore fortifier le principe d'au lori té: les ancêtres deviennent des dieux qu'on adore et qu'on invoque da11sles circonst.ances difficile ou dans les solen nilés : (, le père « est le pontife ; dans tous les actes religieux, il re1,1plit • la ]}lus lirwte /onction; il egorge la victime; sa bouche « pro,wnce lri formule de prii:,·e qui doit atli,·e1· sur lui et (( les siens tri p1·otection des dieux. La famille et le culte se (( perpetuent J}Clt' lui; tl IYtpr·esente à lui seul toute la serte des (< clescendanls. Sw· lui repose le culte domestique; il peut e< presque clire comme l'Ilindou, c'est moi qui suis le dieu. « Q11a1tdla 1,wl't vie1ul,·a il sei·a un être divin que tes des- « cendants invoqueront. (La Cite antiq11e, Fustel de Cou- « langes). Dan l'antiquité, chaque famille a son culte particulier dont les prescriptions doive>nt ètre suiYics rigoureusement; ces croyances religieuses ont constitué la famille ancienne et lui ont donné la plupart de ses règles; elles ont été la source du droit antique. « Lri religion de f'es p,·emie,·s 1iges était exclusivement <( domestique; la mo,·ale l'etait aussi; La ,·eUgion ne clisoit « prrs à l'homme en lui montrant une autr·e homme : voila « ton/ ,•ère. Elle lui disait : 1.:oilàun etrange1·; il ne peut pas <( participer a11x actes religieux rle ton foye1·, il ne peut pas (( opp,·ocltei· clu tombeau de ta fa1,1ille, Il a d'autres dieux que ,, toi et il ne peut vas s'unir à toi pai· une priè,·e commune,- • les dieux repoussent son ado,·alion et le i'ega,·dent comme « lew· ennemi; il est ton ennemi au.ssi. (La Cite antique, « Fustel de Coulanges). Ajoutons que pendant une longue période de siècles, la famille fut la seule forme de société. Lorsque les cités commencèrent ù se former, cc fut encore un lien religieux qui les unit et qui fournit le fondement de leurs lois, la cité était la réunion de ceux qui avaient les mêmes dieux protecteurs et qui accomplissaient l'acte religieux a.u môme a.utC'l sur lequel le feu sacré était toujours entretenu. Le prètre de ce foyer public portait le nom de roi; la principale fonction d'un roi était d'accomplir les cérémonies religieuse!!. Tout d'abord, les cités se gouvernèrent d'après les mêmes règles que la famille; le grand prêtre de la cité en fut aussi le chef politique.

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