LA REVUE SOCIALISTE effet, que du jour où il sera bien démontré que la forme individuelle de la propriété n'est plus « favorable à la prodnction abondante des biens » ni surtout « au b(en-étre gé,1érrtl », la propriété individuelle cessera d'ètre un droit pour devenir nn abus et u11einiquité. C'est bien là ce que pense11t tons cC'uxqui trou,ent singulièrement bornée et insuffisante la conception des économistes orthodoxes pour lesquels cet,tc forme passagère de la possession constitue une institution sacro-sainte et, le droit du propriétaire sur ses biens un Droit « antérieur et supérirur », indér,endant de l'intérêt commun et de toute considération de j u lice sociale. Sur la nature des lois, M. de Laveleye émet également des idées fort justes. « Quand Montesquieu dit: « que les lois sont « les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses» • il définit bien les lois naturelles d'où résulte une nécessité cc physique, non les lois humaines qui émanent ù'un législateur « et d'où ne résulte qu'une nécessité morale. Celui qui fait la loi « doit tenir comptll de la nature des choses, mais en t,ue d'un " idéal à atteindre, la loi n'en dérive pas naturellement, sponc< tanément. >>,- et dans un antre passage << les lois doivent « avoir pour but d'imposer le droit et de faire régner la justice.» L'éminent et regretté professeur de Liège se sépare donc nettement des partisans exclusifs de la méthode expérimentale en politique. L'expérience pourra nous instruire sur le mr•canisme administratif le plus efficace ou la loi la meilleure pour obtenir un résultat détermi11é. Interroger les faits, pour savoir de quelle façon certaines difficultés pratiq ues,certains problèmes d'application étaient résolus par les peuples étrangers, est une nécessité qui apparait avec évidence aux yeux rle tout homme réfléchi. Mais d'abord l'expérience ue· peut nous renseigner que sur ce qni a été tenté et nous laissera sans enseignemrnt en ce qui -concerne les innovations véritablement originales, dont l'e principe une fois proposé est battu par le flux et le reflux des afilrinatious les plus contradictoires: D'autre part, ce n'est ni de l'observation ni de l'expérimentation que l'on tirera les principes généraux qui doivent orienter vers telle 0,1 telle direction l'activité du législateur, ni les aspirations de morale, de ju!<tice, de liberté, d'égalité qui sont la vie intime, l'àme réelle, et le primum movens de toute législation démocratique. Ce qui précède dans l'<'sprit de l'homme d'Etat et du peuple 011 du parti -dont il est le représentant c'est la conception d'un certain idéal, reflet de C<'S sentiments profonds, qui conduisent le monde et sur lesquels il faut influer si l'on veut agir sur la marche des événements et sur l'avenir des sociétés. C'est cette idée qui man-
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