La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

nu GOt;\'ER:\"E~lE:\"T DAXS LA Dt;~(OCR.\TIE 15i que :'l 1'011Yragc d'ailleurs intéressaat de ::\I. Donnat s11r la Politique e.rpél'imelllrtle, ouvrage qui n'apporte en somm(' aucune conception nouvelle, puisque personne de nos jours n·cst disposé ù fai1·c fi de l'cxpériencr, et qui ne réussira pas à mettre les politiqnes d'accords entre eux comme le sont les saYants, parct'q11c les politiques sont mus par des passions et souvent des intérêts ant:igonistcs. L'idéal à atteindre, Yoilà ce qui guide le législateur que cet idéal soit noble ou bas, gén{•rcux ou égoïste. Quand pour la première fois il a fallu établir une conslitutiou rép11blicainc et démocratique, les principes n'en ont pas été cmprunti'•s à l'expérience des institutions monarchiques, si cc n·cst pour la partie dcstructi vc. La partir.positive, véritablement originale et no11vclle est née des suggestions de la vie morale et affect h·e. Le - origines sentimentales et mémc religieuses de la Constitution Américaine ont été exposées par :--r. de Tocqueville. Pour la Révolution Françai::;c on se rappelle le noble cntr-aincment ùe généro·ité confiante, l'ivresse féconùe qui signalèrent les débuts du grand ùrame, dans lequel la cupidité bourgeoise fit arnrtcr au profit de ses intérêts de classe la sublime espl'.•- rancc qui aYait soule,·é le monde. :\''en déplai c au scicnlifiquc M. Donnat, concernir entre les politiques un accord aussi parfait, qu'entre les mathématici1'nso11 lcschirnisles, c·c~t conccYoir une utopie, car ces tendance::;, ces impulsions étrangi>rcs au domainr seienlifique, échappent à la plus pressante démonstration . .M. de Lavcleyc n'est pas tombé dans l'erreur de ces naturalistes de la politique et de l'économie politique. Il a Yu plus large ci plus clair et distingué le domaine des fails de celui des conceptions morales, que les peuples ciYilisés doivent lraYailler à réaliser. li dit plus loin: << Il u'y a pas ce1·tains droits qui sont « naturels et d'autres qui ne le sont pas. On ne peut invoquer « la nature en fait de droit. La naturP, est le règne de lïnjus- « ticc et de l'immoralité ... La nature est cc qui est. Le Droit, « cc qui doit ètrP. » De ccitc définition se déduit aus i la notion du rôle et des attributions de l'Eiat: « La mission essentielle de l'Etat est de « faire régner le droit et d'imposer la Justice, ce qui implique « une iutervcntion acli,e et multiple dans les arrangerr.cnts « sociaux ou existent encore t:rntdïniquil<~s, héritage du passé. « Cette œuvre de justice réparatrice, comme J'appelle très-bien « M. Fouillée est si grande qur nous ne pouYons pas encore en « définir les limites, car elles s'éiendent tL mesure que s'élè,·c et « s'épure la perception du droit et du juste.» D'où il résulte évidemment que les attributions de l'Etat au lieu de ::;crestreindreà mesure que lacivilisaiiou progresse, ne font qu'augmenter en

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==