LUTTE OU ACCORD POUR LA AIE? 151 également Je puissant et Je faible à des devoirs mutuels. En un mot, au lieu de tourner nos forces contre nous-mêmes, rassemblons-les en un pouvoir suprême qui nous gouverne selon de sages lois, qui protège et défende tous les membres de l'association, repousse les ennemis communs, et nous maintienne dans une concorde éternelle. » En résumé,cette doctrine que nous aurons à critiquer,pour montrer la part de vérité qu'elle renferme, fonde la société sur un accord de convention destiné à réfréner !'insociabilité de l'état de nature. Le pacte social a pour but la conservation et le progrès de tous (Fouillée). D'après l'autre hypothèse, la société est un véritable individu organisé (Kraüse, Spencer, Lilienfeld, Schaeffle, Jaeger, Espinas,Gumplowitz, Siciliani, De Greef, etc.). Qµel que soit le rôle plus ou moins grand qu'y joue) la réflexion, la société animale ou humaine est un organisme, régi par les lois ordinaires de la vie. On en analyse la structure, les organes, les fonctions (Schaeffle), Spencer, etc.f Or, quel est le caractère essentiel d'un corps vivant? C'est le concours de parties distinctes, la solidarité et la coopération de fonctions diverses à un but final, qui est la conservation de l'ensemble. Telle est aussi la caractéristique de toute société humaine. Donc, même de ce point de vue, la loi suprême est une loi d'accord, de coopération, de solidarité en vue de la conservation de l'organisme social. Seulement les phases de la coopération sociale en général varient aux divers stades de l'évolution. D'après Léon Metchnikoff (Op. cit., lntrod. et Passim), il y a lieu de distinguer trois périodes bien nettement tranchées, durant lesquelles la coopération sociale préser,te des caractères bien différents, et progresse de la solidarité imposée à la solidarité voulue, de la coërcition à l'anarchie. La première période est celle des groupements imposés. C'est le temps des despoties orientales, fondées sur l'asservissement de tous à un représentant symbolique et vivant de la fatalité cosmique, de la force divinisée. L'Inde, la Chine, l'Egypte et l'Assyrie 0nt réalisé le principe autocratique à un degré inconnu plus tard, soit dans les classiques tyrannies, soit dans les monarchies de droit divin de l'Europe féodale et post-féodale. ( Op. cit., p. 43-44). La seconde période, qui débute par l'apparition des Phéniciens sur la scène du monde, est celle des groupements subordonnés. Désormais on voit s'éclipser les despoties orientales et la forme fédérative républicaine devenir presque la règle. Aux temps classiques les monarchies apparaissent comme des épisodes si rares que, de plein droit, on peut les passer sous silence. Le fait dominant est l'oligarchie, c'est-à-dire le despotisme basé sur le hasard de la possession, de la concurrence économique et de la conquête. C'est l'époque des fédérations féodales. (p. 44-51). La troisième période, à l'aube de laquelle nous assistons, est celle des groupements coordonnés. L'expression formelle du progrès qu'elle inaugure est dans la célèbre déclaration
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