La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

l48 LA RE\TE SOCIALISTE tion que nous avons consid~ré comme dominateur de la concurrence, savoir l'association pour la lutte, n'est pas seulement une loi du règne des êtres vivants, mais une loi plus générale du monde entier, à toutes les pha;es de son développement, depuis l'état de dispersion moléculaire de la nébuleuse primitive jusqu'à la période future où l'équilibre, selon Spencer, suivi d ·une dissolution des agrégats, sera le point de départ d'une évolution nouvelle du système? Et cette loi ne serait-elle pas un corollaire de la loi suprême de l'attraction universelle? La loi générale qui r.!git la matière, sous quelque état qu'elle se présente, étant la loi du mouvement, celui-ci ne peut s'exercer que de deux manières, dans le sens centripète ou dans le sens centr if uge, en d'autres termes comme attraction ou r~pubion. Si la force attractive prédominait, l'univers se réduirait bientôt à un centre d'attraction ; si b force répulsive, au contraire, existait seule, les corps dissociés à l'infinr n'existeraient plus même en apparence. Le monde ofîre le spectacle d'une évolution ininterrompue régie par les forces attractives et répulsive,. Les phénomènes astronomiques, physiques et chimiques ne s'expliquent pas autrement. Comme la séparation qu'on croyait exister entre les substances organiques produites par les corps vivants et les matières minérales a disparu pour la science, il y a lieu d'affirmer que les organismes vivants ne sont pas soumis à d'autres lois. En est-il de même de l'évolution hyperorganique ou sociale? ilien évidemment. La coopération est la loi fondamentale de toute société (V. plus loin). Or, cette coopération n'est que le corollaire de la loi d'attraction. Seulement, cette attraction est tantôt spontanée, tantôt r~0~chie. Q\Jant à la concurrence qui règne entre les sociétés et qui rompt sans cesse l'équilibre qui résulterait :le l'action sans contrepoids de l'attraction• universelle, elle n'est qu'un corollaire de la loi de ré,>ulsion (V. Putsage, /,,sf. et !,,fr., Soc,ëté 11011v., 3• année, t. II). - La même pensée est au fond de ces lignes de M. Trouillié : « Puisque la biologie et la sociologie se tiennent si étroitement, les lois qui leur so:it commune, ne nous révèleraient-elles pas le,; lois les plus universelles de la nature et de la pensée? L'univers n'est-il point une vaste société en voie de formation, une vaste union de consciences qui s'élabore, un concours de volontés qui se cherchent et peu à peu se trouvent? Les lois qui prJsident dans les corps aux groupements des invisibles atomes sont, sans doute, les mèmes que celles qui président dans la société au groupement des individus; et les atomes eux-mêmes, prétendus indivisibles, ne sont-ils point déjà des sociétés ? S'il en était ainsi, il serait vrai que la science sociale, couronnement de toutes les sciences humaines, pourrait nous livrer un jour, avec ses plus hautes formules, le secret même de la vie universelle. ,, (la Scimce sociale, /u/rod., VII). D'une 1;1anière plus précise, l'univers ne serait, selon la

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