SOUTE:,iEURS ET SOUTE:--us 11 Lisez encore : « Les valeurs produites par les ouniers, dit E. Engels, " n'appartiennent pas aux ouvriers. Elles appartiennent aux proprié « taires des matières premières,des machines et instruments de travail ,i et des capitaux de réserve qui permettent à ces propriétaires d'ache- (( ter la force, le travail de la classe travailleuse. Celle-ci donc ne reçoit (( qu"une partie de la masse des produits qu'elle crée. L'autre partie <( qui est retenue par la classe capitaliste ... augmente à chaque nou- (i velle invention, pendant que la partie attribuée à la classe tra,·ail- (( leuse (dans l'ensemble de ses membres) ou n'augme:ite que très « lentement et d'une façon insignifiante, ou n"augmente pas du tout, « et, dans certaines circonstances. peut mème diminuer. » « Mais ces inventions et découvertes qui se multiplient toujours ,i plus rapidement, cette productivité du travail humain croissant de ,< jour en jour dans des proportions inouïes, créent finalement un con- << f1it dans lequel doit s'effondrer la présente éconc,mie capitaliste.D'un << côté des richesses démesurées et une surabondance de produits qui << ne peuvent trouver d'acheteurs. De l'autre, la grande masse de la « Société prolélariarisée et pour ce incapable de s·approprier cette masse « de produits ( 1) •> Je vous recommande aussi un certain allemand, grand abstracteur de quintessence, abstrus, confus et obscur, moins amusant qu'Armand Silvestre et moins facile à comprendre que<, le ridiculement clair P.LeroyBeaulieu » comme dit Lafargue. Cet allemand a écrit un ouvrage qui passe pour assez profond. cela s'appelle: Le Capital. Ouvrez-le, lisez le chapitre XXV tout entier et particulièrement de la page 276 à la page 286. Vous y apprendrez que le régime capitaliste aboutit à la prod11ctio11croissanlo d'1111seurpopulation (ouvrière) relative, ou d'une armée i11d11slrieldle réserve. Si votre intelligence engourdie par l'habitude des cabinets particuliers et par la lecture du Temps, a quelque peine à pénétrer la pensée de !'écrivain, lisez au moins l'excellent et clair résumé que M. G. Deville en a fait. Vous y verrez que cette armée industrielle de réserve est formée par les ouvriers qui ne sont occupés que temporairement, pendant les périodes de suractivité furibonde de l'industrie. En temps normal, ils ne travaillent pas parcequ'il n'y a point de place pour eux au banquet des journées de quatorze ou dix huit heures (2). Pour eux la morte-saison, c'est-à-dire la saison où l'on meurt (j. Guesde) est la règle, le travail l'exception. Derrière cette troupe qui ne donne que dans les coups de feu, il y a encore la réserve de la réserve, l'armée territoriale. si vous le voulez (1) Cité par B. Malon: Socialisme foligral. - Tome Il. Introduction. (t) Voir dans B. Malon : Socialisme illligral. - Tome li. pages I0J-105, les faits révoltants de journées de quatorze à dix-huit heures dans les tissages de !"Ain, de Sa-;:'nect-Loire, lc5 Vosges, de Fourmies, Anor et Trelon, de Moravie, de Baviere, etc.
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