La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LUTTE OU ACCORD POl:R LA \'lE? H5 Nouveaux Zélandais disent que « la terre sortira des mains de leurs enfants. » Mème l'ethnographie des races contemporaines nous permet d'assister à cette disparition de races ou de peuplades sans cohésion bien déterminée. De plus, l'histoire nous apprend qu'une des causes de la chute des empires est l'absenœ de solidarité entre leurs divers membres. C'est pour cette raison, unie à plusieurs autres, que l'empire d'Alexandre succombe devant Rome et Rome devant les barbares. Cette mort des puissances anéanties n'est donc qu'une désorganisation d'éléments mal unis dont se forme une association nou\'elle sur un autre point ùe l'espace, en un autre moment du temps. L'histoire nous apprend encore que le groupe social le plus cohérent et le plus vaste a absorbi le moins cohérent et le moins vaste : le couple andragyne s'est fondu dans la gens, la gens a fait place à la tribu, la tribu à la cité, la cité à la commune, la commune à la province, la province à la nation ; ce sont les nations les plus fortement unies, c'est-à-dire associées, qui ont triomphé des autres. En somme, c'est l'espèce humaine, c'est à dire la moins bien armée à l'origine, mais la plus· intelligente et la plus sociable, et dans l'espèce humaine ce sont les races les plus sociables qui se sont accrues le plus. Il y a plus d'hommes qu'il y a six mille ans et le nombre en augmente sans cesse, tandis que les espèces animales diminuent de jour en jour. Et d'autre part, c'est la race aryenne, indo-européenne, qui tend à remplir le monde. Citons quelques chiffres. Le célèbre statisticien françai~ Moreau de Jonnés (Statistique des peuples de l'antiquité) estime que la Gaule, du Rhin aux Pyrénées, n'était habitée au temps de César, que par quatre millions et demi d'habitants. Dans les mémes limites, la France, la Belgique et les provinces rhénanes, en comptent aujourd'hui environ 45 millions. La population a donc décuplé depuis César. Le dernier quart s'est formé depuis moins d'un siècle. Si nous considérons l'ensemble de la race blanche civilisée, l'Europe et l'Amérique du Nord comprennent environ 3 50 millions d'hommes, de race à peu près homogène, disciplinés sous des pri:1cipes communs de droit des gens et de droit commerci;il. De ces 350 millions, il n'y en avait guère plus de la moitié il y a cent a:1s; la population a doublé en un siècle. (Coste, Co11ditio11ssociales dn bonbeuretdelaforce, 3° édit., p. 5). Ainsi donc, la lutte pour l'existence, qui est donnée comme le facteur le plus important de l'évolution, semble avoir joué un rôle moindre qu'on ne le prétend. Elle a certainement contribué au progrès des espèces inférieures ; mais ce n'est qu'un mode de sélection entre tant d'autres, comme l'hérédité, l'adaptation, l'influence des transformations géologiques, etc. De tous ces procédés de perfectionnement, la lutte pour l'existence est un des • plus imparfaits, des plus grossiers; elle est même plus nuisible qu'utile JO

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