LUTTE OU ACCORD POt.:R L.\ YIE? 13!) par la seule action des lois naturelles. (V. Em. de Laveleye, le Soc. co11i., Intr., p. 10). D'autre part, dans cette hypothèse, la guerre est la dispensatrice suprème des avantages mérités. << Tout le monde sait, dit M. Renouvier (Crif. pbil., 3• année, t. li, p. 70-71 ), quel parti des publicistes allemands ont tiré de la théorie de Darwin pour justifier le droit du plus fort et du plus intelligent, dont leur nation a fait inscrire une odieuse conséquence au traité de Francfort. lis ont remplacé par cette nouvelle thèse d'histoire et de morale la franche et loyale opinion des littérateurs du vieux temps sur la folie des peuples et le brigandage des princes. Ces pharisiens de la science et ces scribes de la presse ont péc.lantesquement exposé au monde les vices des Français, ceux des races latines, et leur propre valeur morale, remerciant Dieu de n'être point du nombre de ces gens-là. Pénétrés de la conscience de leurs vertus, et pourvus à point nommé de la meilleure doctrine qui pût leur permettre d'en tirer sérieusement p:irti pour s'avantager dans la vie aux dépens de ceux que le destin condamne, ils ont démontré scientifiquement que, s'ils avaient vaincu, c'est qu'ils avaient dû vaincre. Les races germaniques, auxquelles déjà la civilisation doit tout dans le passé. c'est leur opinion dûment développée, leurs ont apparues comme appelées à counir la terre, en vertu de la sélection naturelle et du principe de population. Le moins qui puisse arriver aux races inférieures, si elles ne sont point éliminées, aux Latins, par exemple, s'ils ont l'indignité de montrer pour la vie un attachement trop tenace, c'est d'être gouvernés par les meilleurs qui sont les plus forts, n'étant pas capables de se gouverner eux-mêmes .. iu reste, il ne faudrait pas croire que le fond moral de cette doctrine fût quelque chose de bien nouveau pour l'Allemagne. La suprématie du fait. la vertu de la conquéte et du conquérant, la sainteté et lïnviolabilité du pouvoir, étaient déjà des éléments de ce système dit du droit historique qu'une certaine Prusse savante a opposé au principe révolutionnaire du droit individuel, c'est-à-dire de la justice et de la liberté. Et ce droit des forts et des capables ... a emprunté à Hegel, au moins autant qu'à Saint-Simon, ses moyens de vulgarisation et de propagande.•> Ainsi la guerre a ses apôtres; Et de Moltke, après Proudhon et J. de Maistre, la célèbre avec les accents d'un fougueux mysticisme; il n'a pas de termes assez lyriques pour exalter son « influence bénie.» • (Hœckel.libù/., p. 115). «Laguerre, disait Proudhon (Ll Guarc et la Paix, t. ll, p. 235-2361, voilà, je ne m'en cache pas, ce qui me semble à moi l'idéal de la vertu humaine et le comble du ravissement.»- A une adresse de la société de paix, De Moltke faisait cette réponse bien connue: « La paix perpétuelle n'est qu'un rêve, et ce n'est même pas un beau rève. La guerre est sainte et d'institution divine; elle entretient chez les hc-mmes tous les nobles sentiments : honneur, vertu, courage; elle empêche le monde de tomber dans la pourriture. »
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