La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LUTTE OU ACCORD POGR LA \'JE? ]35 !eau d'Islande, mousse des crètes, protococcus des neiges)? <i Ces limites sont pourtant hien étroites, fait remarquer M. Constance (Lutte pour l'exisfeuce), que nous citons à peu près textuellement. Ces 12, ooo à 16,000 mètres sont peu de chose par rapport à la masse du globe. Cest dans la zône inférieure de l'atmosphère et dans la zône supérieure des mers que se trouvent pressés tous les êtres vivants ; c'est dans cet étroit espace que des milliards d'êtres doivent croitre et se multiplier. Or, dès les premiers jours de la vie, tous les individus, toutes les espèces se sont conformés à cette loi et ont bientôt rempli les espaces assignés à la vie d'une population surabondante; il ne semble pas qu'il y ait eu une période paléontologique pendant laquelle l'être aurait pu vivre en paix sans compétitions avec ses voisins. La faune des premières couches terrestres, de celles qui reposent sur les terrains azoïques, fut, à en juger par les débris qu'elle nous a laissés, très puissante et très variée. On connait plus de 10,oooespèces du terrain silurien. Quand les espèces ont diminué, le nombre des individus des espèces restantes s'est accru. Ainsi, si les espèces tertiaires et quaternaires qui, jadis, peuplaient la terre, ont disparu, l'espèce humaine a de ses multitudes rempli !"univers. Donc, les régions de la vie ont toujours été peuplées d'innombrables quantités d'êtres pressés les uns contre les autres et luttant pour se faire une place et la garder. La croissance et la multiplic,ition des ètres ont produit cette exubérance de créatures dans ces limites étroites, et provoqué ces compétitions formidables, parce que l'espace propre à la vie ne s'est pas développé comme elle, et a opposé à son expansion des barrières infranchissables entre lesquelles elle étouffe. On peut même dire que la zône de la vie a diminué sur notre planète. li y a eu un temps où sur toute la surface 1a température était à peu près la mème. Une végétation luxuriante couvrait la terre d"un pôle à !"autre. Les mers attiédies étaient gorgées d'organismes vivants dans tç)l)te leur étendue. Le Groenland, l'Islande et le Spitzberg ont conservé sous leurs gldces les vestiges des flores puissantes aujourd'hui disparues ou bien rabougries. La vie s'est retirée des extrémités d'un monde refroidi. C'est donc sur l'espace étroit compris entre deux pôles glacés et reconquis sur la vie par les puissances inorganiques que les êtres doivent croitre et se multiplier. » D'autre part, la quantité de nourriture détermine la limite expresse de la population de chaque espèce. Malthus, en ne tenant compte que de la rapidité avec laquelle se fait, dans une localité déterminée, la multiplication des hommes d'une part et celle des végétaux et des animaux dont ils se nourrissent de l'autre. et de la consommation que l'homme fait de ces derniers; Malthus était arrivé à ce résultat, avonsnous dit, que le nombre des premiers s'accroit dans une proportion géométriyue, tandis que celui des seconds croît seulement en proportion arithmétique. Il concluait que les premiers ne tarderaient pas, si /

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