131 LA RE\'UE SOCIALISTE sauvages, qui cependant se reproduisent si lentement) dans l'Amérique méridionale, on ne voudrait pas croire aux chiffres que l'on indique. Ils paraissent en troupeaux innombrables dans ces vastes plaines, et cependant ils proviennent d'un petit nombre de couples amenés d'Europe lors de la conquête espagnole. A. de Humboldt estimait qu'il y avait environ trois millions de chevaux dans les seuls pampas de La Plata. En Australie, les animaux d'Europe apportés sur les vaisseaux se sont, en peu de temps, multipliés à tel point, quïls couvrent le pays, d'où ils ont chassé la faune indigène. On peut donc affirmer que toutes les plantes et tous les animaux tendent à se multiplier scion une progression géométrique ; mais cette tendance doit être enrayée à certaines périodes de leur vie par la destruction d'une partie des individus, car, dans le cas contraire, ils envahiraient tous les pays et ne pourraient plus subsister, faute d'espace. Cette immense fécondité est, en effet, limitée par la concurrence qui s'engage entre les divers individus, par la défectuosité des conditions. extérieures de la vie, et provoquée par cette double condition, - par le combat ou la lutte pour l'existence, passive contre les forces de la nature, active contre les autres êtres rivaux (Buchner, Ibid., p. 29). Une preuve indirecte est fournie par le rapprochement du nombre des germes de chaque espèce et du nombre réellement existant d'individus appartenant à cette même espèce. Cette contradiction est frappante. Beaucoup d'orchidées produisent beaucoup de germes et sont très rares, tandis que certaines radiées, de la famille des composées, qui ont un petit nombre de graines, sont très communes. Certaines. espèces gallinacées pondent des œufs nombreux et comptent néanmoins parmi les oiseaux les plus rares, tandis que l'oiseau le plus commun, le pétrel, ne pond qu'un seul œuf. Chaque ver solitaire pro• duit, en très peu de temps, des milliers d'œufs, tandis que l'homme, qui loge le ver solitaire dans son organisme, a un nombre de germes beaucoup moindre; pourtant le nombre des vers solitaires est bien inférieur à celui des hommes. Si le nombre d'individus destinés à naître et à vivre est limité et ne résulte pas nécessairement du nombre de germes existant en réalité, c'est qu'une cause différente arrête le développement indéfini de toutes les espèces animales et végétales. dont la nature sème pourtant les germes d'une main prodigue. Cette caJJse est la lutte pour l'existence, qui dépend dans un cas des rapports. mutuels entre l'organisme et l'étendue des milieux au sein desquels il vit. La vie a donc à souffrir du peu d'espace qui lui est réservé. Cependant cette place parait grande. La vie n'éclate-t-elle pas partout, à 6,000 ou 8,000 mètres des eaux (radiolaires, foraminifères, diatomées). à 6,000 ou 8.000 mètres au sein de l'atmosphère, avec les plus hautes montagnes, vers le pôle où elle ne disparait pas complètement (bou•
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