LUTTE OU ACCORD POUR LA VlE '/ 133 Quelques exemples: Une ascaride émet environ 64,000,000 d'œufs. Par la multiplication des mornes (une morne émet 6,867,840 œufs, d'après M. Duval, Darwin, p. 361) et des esturgeons (dont les œufs se comptent par centaines de mille), tous les océans pourraient être comblés en moins <l'une vie d'homme. On a calculé aussi que si tous les rats des champs se multipliaient sans entrave, la terre en serait couverte en peu d'années jusqu'à la hauteur d'une maison. C'est aussi vrai des espèces qui ne se multiplient que très lentement. Darwin a supputé que l'éléphant, le moins prolifique de tous les animaux, pourrait, au bout de 740 ou 750 ans, avoir donné 19 millions d'éléphants, tous descendants d'un premier couple, - en supposant que chaque éléphant produisit, durant la période féconde de sa vie, c'est-à-dire de 30 à 90 ans, seulement trois paires de jeunes. Wallace (Sélect. 11at., p. 31) a supputé qu'un couple d'oiseaux, produisant quatre petits quatre fois dans sa vie, donnerait, au bout de quinze ans, une descendance de dix millions d'êtres. De mème, un groupe humain, d'après les chiffres moyens de la statistique, doublé tous les 25 ans, et, si aucune cause n'entravait cette multiplication, en moins de mille ans, il n'y aurait plus de place sur la terre pour se tenir debout. « On a vu des populations civilisées placées dans des conditions favorables, aux Etats-Unis, par exemple, doubler leur nombre en 25 ans, fait qui, d'après un calcul établi par Enler, pourrait se réaliser au bout d'un peu plus de douze ans. A ce taux du doublement en 25 ans, la population actuelle des Etats-Unis, soit 30 millions, deviendrait, au bout de 657 années, assez nombreuse pour occuper tout le globe, à raison de quatre hommes par mètre carré de superficie. » (Darwin, D~sce11d., p. 43, Cf. Malthus, Essai sur la pop.). Cette progression géométrique de l'augmentation des individus n'est pas seulement prouvée par dt:s calculs théoriques ; elle est aussi prouvée par les nombreux cas observés de la rapidité étonnante avec laquelle se multiplient certains êtres vivants, quand les circonstances leur sont un certain temps favorables. Les exemples de plantes importées devenues communes en moins de dix ans sont nombreux. Dans l'Australie, la flore étrangère a conquis l'espace sur la flore indigène. D'.après Darwin, le cardon et le grand chardon sont arrivés à couvrir, dans les plaines de La Plata, des espaces de plusieurs lieues carrées à l'exclusion de toute autre plante ( Orig. ). On trouve aux Indes Orientales des plantes dont l'introduction date seulement de la découverte de l'Amérique et qui s'étendent déjà du cap Comorin à !'Himalaya. (Buchner, Co11f. sur la tbéor. D.1rw., p. 29). - Les animaux domestiques redevenus sauvages dans plusieurs parties du monde offrent aussi une démonstration frappante. Par exemple, si l'on n'avait pas des données authentiques sur l'augmentation des bestiaux (chevaux et taureaux
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==