(j L.l REYC.:E SOCIALISTE 1. Un projet a été rédigé. ,i Les Lois, les justes Lois» vont enfin sévir contre ce nouveau Boulangisme. M. Reinach qui a fait d'excellentes études et dont ,i les deux frères ont eu des prix au Concours général,,( 1) évoque le souvenir classique de Catilina.A la Préfecture _une activité insolite émeut les ronds de cuir et les manches de lustrine. On travaille même dans les ministères. La police ouvre son œil incorruptible et tutélaire sur les honnêtes gens qui, sous ce regard, tremblent déjà pour leurs os. On redoute le nouveau parti. ,10n me coffre, donc j'existe » peut-il dire. li existe et acquiert chaque jour de nouvelles forces - Vires acquirit e1111do, comme citent les vieux magistrats qui font encore des vers latins. Permettez, Monsieur le Ministre, qu'une Yoix inconnue et suppliante s'élève en faveur de ces travailleurs d'une nouvelle espèce. en faveur de ces utiles citoyens, dont on méconnait la fonction sociale. Ménagez-les. je vous en prie. Ne les persécutez pas,je vous le crie avec toute mon âme. Ayez pour eux quelques légères complaisances. Laissez qu'on leur glisse des douceurs comme a de jeunes adolescents un peu rétifs, mais pleins d'avenir et pas méchants. Gardez-vous bien de les détruire au nom de !'Ordre social, au nom de la Morale, de la Famille, de la Religion. de la Propriété et autres fondements de cette Société dont vous êtes les fermes soutiens et les intègres défenseurs. Quant à vos projets de loi, qu'ils restent inapplicables et inappliqués ! Supposons, si vous le voulez bien, votre loi parfaite. Lycurgue, Dracon et autres législateurs fameux, frémissent de jalousie dans leurs cendres, éclipsés par l'honorable ministre de la justice. Votre grande œuvre est accomplie. Les souteneurs ont été balayés devant votre face. Paris est purgé. Les boulevards extérieurs et intérieurs sont parcourus la nuit par d'inoffensifs promeneurs qui aiment à observer les étoiles. Veuves de leurs meilleurs clients, languissent les arrières-boutiques des marchands de vins du Faubourg Montmartre. Les pots de vins qu'on y vidait gisent mélancoliques et vont bientot gagner le dernier asile qui leur reste ouvert ... Vous avez fait coup double ; vous avez détruit du même coup le proxénétisme et la prostitution, l'effet en même temps que la cause. Devant ce magnifique résultat,les débitants de morale bourgeoise, ceux (1) Figaro du 15 Novembre 1891.
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