LA CRISE RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE 81 vie, à la sûreté, à l'honneur du Tzar, ou de donner·refuge à une personne qui projette de restreindre les droits et privilèges de l'Autorité Suprê~e est plus criminel que l'assassinat prémédité do sa propre mère. (Rapprochez l'article 243 de l'article 14.49). Enfin, d'après ce code pénal, le fait ~e mettre en circulation une caricature du Tsar, dans le but de ridiculiser soit son physique, soit sa politique, est plus criminel que la vile action d'un géolier qni maltraite dans une cellule jusqu'à ce qu'elle en meure, une enfant de quinze ans. (Rapprocher, l'article 245 des articles 15~5, 152r} et 1527). Si, étant données ces pénalités effroyables, les classes intelligentes et libérales de la Russie continuent à former des sociétés secrètes pour changer la forme du gouvernement, ou si elles mettent audacieusement en question l'inviolabilité des droits réclamés par l'Autorité Suprême, on ne peut leur refuser tout au moins le courage de leurs opinions. On peut, à vrai dire, alléguer pour la défense du gouvernement russe qu'il n'applique pas strictement ces lois, dans toute leur rigueur, et je ne veux pas le contester. Mais, mème si cela est exact, ces lois n'en restent pas moins écrites dans un code révisé en 1885. Je n'ai pas l'intention présentement d'examiner avec minutie les titres qui concernent les cc Crimes contre l'ordre administratif», et les ordonnances relatives aux « devoirs et obligations des particuliers à l'égard des Autorités Impériales ou locales.)> On peut aisément présumer par les citations ci-dessus, leur forme et leur esprit. Je n'ai, en conséquence, -rien à en dire, sinon que l'on n'imagina jamais mieux pour supprimer la liberté individuelle et empêcher la participation du pays ù la politique gouvernementale. Kon-seulement ces lois interdisent toute association dont le but serait de s'opposer ù l'exercice tyrannique du pouvoir, mais eucore elles punissent de la prison ou de l:exil la simple expression d'une opinion relative à l'utilité plus ou moins grande d'un décret, ou à l"à-propos d'un ukase. Il est dit, par exemple, dans l'article 281, que c< quiconque sera reconnu coupable d"avoir composé ou mis en circulation un imprimé ou seraient appréciées d'une façon hérétodoxe des ordonnances gouvernementales, sera condamné à Hi mois au moins et 2 ans au pl us de prison.» « ART. 1035..- Quiconque imprimera dans un journal ou dans un livre, des réflexions susceptibles d'éb!'anler la confiance du peuple dans les lois de l'Empire, ou dans les ordonnances des autorités a_dministratives ou judiciaires; ou se permettra de discuter, ou de mettre en doute l'obligation de se soumettre à 6
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