760 LA REVUE SOCIALISTE Quelque rassurante que s,>it cette évolution, elle ne saura empêcher Mahrn d'accumuler arguments et observations, afin de dissiper entièrement tout malentendu. li rappellera le coopératisme à ses origines, et après arnir reconnu sa bienfaisante influence au point de vue social, il ne craindra pas de préciser entre quelles limites se peut mouvoir son ambition économiq ne. L' AidP-toi exclusif de certaines coopérations devient avec l\falon Aide-toi, les pouvoirs publics t'aideront. Adoptée cette rectification à la formule de la coopération, socialistes et coopérateurs deviennent « des militants de la même œuvre novatrice et justicière, les travaux des uns, les luttes des autres _secomplètent mutuellement. n La nécessité de l'intervention de l'Etat irréfragablement établie,quelle doit en èt.re la première, la plus pl'es~ante application! Lègislation Internationale du Tmvail répond Malon, et de sa réponse il va faire un chapitre abondamment documenté dans lequel rien n'est omis qui puisse plaider en faveur de cette réforme et en proclamer l'impérieuse urgence. Et il continuera ainsi, relevant victorieusement le défi à lui lancé par les fervents du libéralisme« quand mème ,>, en des chapitres logiquement sériés, aussi étroitement unis entre eux que l'est un co1·ollaire à son théorème, mais quel que soit le sujet qu'il examine, qu'il affirme éloquemment le droit à l'existence ou le droit au travail, qu'il fasse le procès de l'agiotage ou qu'il dénonce les méfaits du despotisme capitaliste, Malon procède toujours de la mème méthode. Avec l'ordinaire mndestie de ceux qui savent, il oublie complètement que ses précédentes œuvres pourraieut autoriser un peu moins d'impersonnalité ; volontiers il s'efface pour laisser parler les événements, en appelant fréquemment aux adversaires du socialisme, et aux plus autorisés, recueillant nombre de leurs travaux, de leurs opinions pour les faire concourir au triomphe de sa thèse ; donnant sans compter le fruit de ses durs labeurs, de ses longues rechel'ches avec la seule crainte de fatiguer son lecteur par trop de détails, ne se rappelant à lui que de çi de là par cieux doigts de critiques ou pour l'aider à dégager des conclusions, encol'e que pour ce résultat son intervention, soit dans la plupart des cas à peine nécessaire. Le nouveau li\'rc de Malon ne s'adresse pas seulement aux philosophes, aux savants, aux économistes, les profanes y trouveront leur profit; Malon sera lui-même leur initiateur. Les résumés historiques dont il fait précéder chaque discussion suffisent largement pour mettre chacun au courant du débat et lui permettre de juger en toute connaissance de cause. MAXENCERoLDES. Mœurs littéraires. - Les Lunclis cle la (( Bataille >' par C.tMILLESTE-CR01x. - A. Sa,·ine, éditeur. Camille Ste-Croix, le fin lettré à. qui nous devons déjà deux romans (< la JJJauvai'se av<inture et Contemple>· », a eu la bonne idée de réuuir en un volume ses hebdomadaires ch1·011il!ues.Elles ~taient
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==