MOUVE~fENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER î53 Un programme politique. - On lit dans la Justice: « La Petite République franç(lise publie en tèle de ses colonnes, le prngramme de son comilé de direclion politique, compo~é de MM. Goblel, Lockroy, Sari·ien, Peyltal. Millel'and. « Nous souhailons la bienvenue à nos confrères el amis et nous nous faisons un plaisir de publier ci-<iessous leur programme qui est, d'ailleurs, conforme à celui que nous avons toujours défondu : » Nous croyons que le moment est venu de repal'lc1· politique. L'effacement des partis et des opinions a pu sembler néces,:aire lorsquïl s'agissait de s'unir pour lutter contre le boulangisme. Depuis les éiections de l8t<O,il a pu être justifié par la nécessité d"étudier et de rèsoudl'e l'importante question de notre nouveau régime economique. Peut-être si l'on s'était plus préoccupé de la politique aurait-on évité dans les tarifs certaines exagérations contrai l'es aux intél'èts génét aux du pays. Aujourd'hui, cet effacement systématique n'a plus rie !'aison ù'ètl'e. Il ne pounait, en se pl'olongeant, que p!'oflte1· à l'ana1·chic, d'une part, et, de l'autre, à la l'éaction. Une seule considération pourrait faire écarter encore la politique: l'éventualité d'événements exté1·ieurs. Tout le monde en France veut !:L paix: c'est du temps et du mouvement naturel des f01·ces eul'opéennes que nous attendons les réparations nécc>ssaires. Il nous suflit que parmi rcf: forces, la F'1-ance, à cette heure, g1·àce à la République, soit une des plus pui,;santcs. Si les circonstances devenaient menaçantes, on sait assez que toutes les divisions s'efl'a~eraient aussitôt pour faire place à l'union de tous h's Français dans une même pensPe et pour un seul but. Mais, au contraire, pal'tout des parvles de paix. on: prononcées. et notre gouvernement déclare que « la paix n'étant plus seulement dans les mains des autl'es, mais aussi dans les nôtl'es, n'en est que mieux assul'ée ; qne jamais le tl'avail et les entreprises n'ont eu devant eux un horizon plus Yaste et plus dégagé de nuages ». Rien n'autorise donc à ajourner davantage les questions intérieurns qui veulent ètre résolues. Le parti 1·épuhlicain ne peut songer ,\ aborùer, sans progl'amme, les prochai_nes élcctiüns ; il lui importe de s'y p1·èparer ; et il s'agit aussi de remplir au mieux de ses intérêts et de ceux du pays les deux annPes qui nous en séparent, et d'imprimer pa1· l'œuvre pal'iementaire elle-même une direction à l'opinion. Deux politiques sont en présence: la politique de conservation et de statu quo destinée à donncl' satisfaction aux anciens pal'tis ; la politique de pl'ogrès continu et efficace que la df-<mocratieréclame impérieusement. Le gouvernement de la République ne peut oscillt>r perpétuellement entre les deux. Il doit prcndré parti et agir. Les nouvelles couches sociales dont Gambetta annonçait J'ayènement à la vie politique prennent chaque jour davantage conscience de leur droit et de leur puissance. La République a mis aux mains du peuple le bulletin de vote: elle lui a donné l'instruction. Il veut aujourd'hui user de ses armes pour conquérir plus de bien-être et de bonheur. Il faut être avec lui ou contre lui. Nous avons fait depuis longtemps notre choix. ~ous sommes pour la politique d'évolution contre la politique de résistance. Pou1· accomplir les réformes sociales, qui, de l'aveu de toHs les partis, 48
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