750 LA REVUE SOCIALISTE Institut socio liste d'ethnographie comparée. - Ce cours sur les théories é~onomiques du socialisme contemporain, a continué la série des conférences que nous avions annoncées dans notre précédent numéro. La Lroisième a été faite par le citoyen Galiment. En voici le résumé d'après le compte-rendu qu'en a publié le Prolétaire, sous la signature du citoyen Lucien Roland. Au début de .cette leçon, le citoyen Galiment a nettement exposé la situation dans laquelle se trou"e le socialisme catholique en présence du socialisme scientifique et révolutionnaire. Tandis que le premier veut ramene1· les nations au système économique du .Moyen-Age, système uniquement compatible avec l'existence du petit comme1·ce et de la petite industrie, le second se borne à se mettre à la hauteur de l'évolution de la propriété contemporaine en exigeant qut! de véritables services publics nécessitant la disJlarition de la lutte des classes et l'établissement du collectivisme soient fondés pacifiquement ou violemment suivant les pays pour mettre un terme aux exactions ries hauts barons du capital. Ce parallèle établi entre le socialisme empirique des catholiques et le socialisme positif des athées qui s'appuient sui· les Congrès de l'Internationale et des Partis ouvriers d'Europe, d'Amérique et d'Australie, le citoyen Galiment a retracé, eo s'appuyant surtout sur des documents empruntes aux différents auteurs de l'antiquité, du Moyen-Age et dPs temps modernes, le rôle antisocial de l'église catholique. Cette étude doit être divisée en deux périodes : Dans la première qui s'étend depuis la quinzième année du règne de Tib~re jusqu'à l'année 312, sous le rt-gne de Constantin, l'Eglise prépare son avènement au gouverne- . ment des nations. Pour acquérir la confiance des humbles, des pauvres, elle affiche dP-s sentiments communistes dont on retrouve les témoignages dans les écrits de Tertullien, de saint Jean-Chrysostome, de saint Basile, de saint Clément, de saint Jérôme) et autres pè1·es de la primitive Eglise. Pendant la seconde phase de son évolution qui s'étend de 3t2 à la Réforme protestante du XYI· siècle, l'Eglise devenue triomphante, afriche un souverain mépris pour les pauvres et ne songe qu'à dépouillet· le peuple. Il faut lire, pour s'en persuader, dans les capitulaires, de Cha!'lemagne, le compterendu des scandales auxquels s'adonnait le clergé à l'ai'ie de ses richesses. On en voit encore la preuve dans d'autres ordonnances royales avant la Réforme. A partir de la réforme de Luther et de Calvin les bases de l'Eglise sont sapées par le libre examen . .Mais ses dignitaires n'en continuent pas moins leu1·s scandales et n'hésitent pas à exploiter la misère du peuple. Si aujourd'hui ils agissent plus hypocritement, plus en dessous, c'est qu'ils se voient obsei·vés de toutes parts par les arnis de la libre-pensée. Pom· donner le change à l'opinion, ils africhent un pâle socialisme que le pape Léon XIII a résumé dans son encyclique. Mais leurs timides concessions ne ret.ardèrent pas d'un-3 heure le tt·iomphe de la Révolution ouvdêre, qui, contrairement à l'Eglise, fera disparaitre toute appropriation individualiste des utilités sociales. Pour bien apprécier le peu de confiance que l'on doit attacher au socialisme catholique, il suflit de se rappeler l'attitude de l'Eglise en face de l'esclavage. Dans le monde antique ce n'est pas l'Eglise mais des considérations purement économiques qui ont transformé dans la cité, l'esclavage en servage. Enfin, à l'époque de Charlemagne, des évêques considérés aujourd'hui par les dévôts comme des saints avaient encore de G à 6,00J esclaves et même au-
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