La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET AL.ÉTRANGER 749 et Lyon, n'ayant liU se faire représenter, avaient adressé des lettres d'adhésion et de sympathie, toutes les Chambres syndicales de Montpellier y avaient aussi des délégnés. Au Congrès, entièrement ouvrier, de très rxcellents discours ont été prononcés, éloquents, sérieux, étndiés, bondés de chiffres et de faits. Tous montraient la misère ouvrière causée par la concurrence efüoyable et insoutenable que fait à !"ouvrier libre le travail dans les prisons, tous disaient que, pris à la gorge, sans pouvoir se défendre, les travaillenrs honnètes voyaient leurs salaires diminuer, leurs ateliers se fermer son,ont et leur famille sans pain, le tout pour l'enrichissement do quelques exploïteurs cyuiques, de spéculateurs sans conscience. Et rassemblée très nombreuse approuva énergiquement les paroles si justes des délégués et leurs revendications. A rnnanimité, le Congrès décida de demander aux pouvoirs publics la suppression absolue du trarnil.ind11stricl dans les prisons et son remplacement par le travail agricoll', en Afrique ou dans les colonies. Le Congrès demanda an ·si qu'un fort inipùt soit mis sur les couvents, ouvroirs, etc., qui font une concurronee dé.:;astreuse au travail des femmes, po11ramoindrir c0tte concurrence. En outre, nos amis décidèrent de faire porter leurs décisions à la Chambre par le groupe des députés socialistr:-;, ouvriers de préférence à tout autre, et de les charger de pr{·sentcr un proj9t de loi à ce sujet. La séance fut levée aux cris de: Vive la République sociale ! )> P.\ L'LE MIKK. Enfin, voici, emprunté h la Question Sociale. <leBordeaux, le texte des résolutions votées au Congrès m1Lional rie l'ébénisterie qui vient d'avoir lieu à Bordeaux : Voici J.:s r6solutions votées dans la séance de clôtul'edu 19 novembre et approu •,1éespar toute la corporation réunie en assemblée générale à la Bourse du Travail indépendante de Bordeaux: 1. Abolition du ti·avail a_uxpièces et prix de l'heure fixé par les Chambres syndicales. 2. Abolition de la vente des meubles neufs dans la salle des ventes. 3. Création d'un journal corporatif; 4. Limitation de la journée de travail à 8 heures comme maximum et fixation d'un minimum de salaire. 5. Responsabilité des patrons en matière d'accident ou d'incendie. ü. Féd(fration nationale de ]'Ebénisterie. La Fédération est définitivement constituée. Nous publlerons intégralement dans le prochain numéro les statuts votés par le Congrès.

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