La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

7-18 LA REVUE SOCIALISTE .qui ne vivent que de la fabrication de la bonneterie: mais est-ce que Messieurs les exploiteurs comptent les malheureux qu'ils font 1 Les ouvriers et même les fabricants de Ganges (Hérault), dont la bonneterie est la grande industrie et fait la fortune du pays, s'émurent et protestèrent vivement contre celui qui leur enlev:üt leur pain. Mais l'entrepreneur de la maison centrale de Montpellier fit venir les patrons bonnetiers, leur montra qu'il ne faisait fabriquer que de la grosse bonneterie, alors qu'eux ne fabriquaient que de la bonneterie fine. Messieurs les -patrons, sur cette a::;suran0e, se retirèrent satisfaits, - puisque l'on ne touchait pas à leurs intérêts immédiats et cessèrent de lutter contre l'entrepreneur. Les ouvriers de Ganges, eux, bien que n'étant plus directement en cause, continuèrent de lutter pour leurs camarades lésés, au nom de la solidarité ouvrière, déclarant qne « lorsqu'un « frère travailleur est lésé tous le sont également. >> Noble maxime qui est de plus en plus la formule de tous les travailleurs. Les ouvriers de Ganges élargirent même le débat et demandèrent la suppression de tout travail industriel dans les prisons et maisons cen traies. Ils envoyèrent à toutes les Chambres Syndicales de la région, n11ecirculaire leur demandant de les soutenir dam; la lutte qu'ils entreprenaient contre un tel et si criant abus de l'exploitation bourgeoise. LAs adhésions leur vinrent de tous les cotés: les frères travailleurs s~ montraient fièrement solidaires les uns des autres. L'agitation se propageait de proche en proche. A Nimes une grande réunion eut lieu à ce sujet le 10 octobre. Là, plus de 1,000 citoyens votèrent la suppression du travail industriel dans les prisons, et M. Salis, député de l'Hérault,promit qu'il présenterait à la Chambre un projet de loi en ce sens. Mais depuis plus d'un mois il n'a encore parlé de rien à la Chambre. La Bourse du Travail de Montpellier qui a été une des premières à répondre à l'appel des ouvriers de Ganges, organisa à son tour, une imposante manifestation, en réunissant dans un Congrès les Chambres syndicales de la région. Dimanche 15 novembre, plus de 50 délégué~ étaient présents: Toulouse, Nimes, Béziers, Cette, Narbonne, Maraussan, Ganges, etc., avaient envoyé de nombreux délégués, Marseille

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