LA QUESTION SOCIALE DEVANT LE PROTESTANTISME 733 LA QUESTIONSOCIALE DEVANT LE PROTESTAKTISME Le Congrès de l'Association p1·otestanle pour l'étude pratique des questions sociales s'est tenu à Marseille dans les derniers jours du mois d'octobre 1891, sous la présidence de M. de Boyve. Notre éminent ami en a ouvert les travaux paru~ excellent et généreux discours dont nous nous permettrons de reproduire quelques fragments: Les questions sociales, s'est écrié 1 M. de Boyve, sont nombreuses ; on ne comprend pas ceux qui prétendent qu'on ne doit pas s'en occuper. Il existe certainement un état social meilleur : les créations déjà faites, maisons ouvrières, industries en pa1·ticipation, fédérations des sociétés coopératives, organisation des syndicats, caisse de retraites, cercles populaires, oflice du travail sont déjà un acheminement vers cet état meilleur. Les moyens de production se centralisent de plus en plus. Les opérations_ industrielles sont dP moins en moins dirigées par un seul individu, et passent entre les mains de syndicats et sociétés anonymes qui réunissent des travailleurs en grand nombre et distribuent les bénéfices à des actionnaires. L'introduction des machines dans l'industrie, l'obligation de diviser le travail, la nécessité de réunir d'énormes capitaux sont encore des transformations profondes dans l'état social. • La diminution du taux de l'fotérèt, ce phénomène général, prépare la disparition de la classe des oisifs. Quand il n'y aura plus de fortune sans travail, tout homme devra fournir à la société sa part de labeur ... Le développement des chemins de fer, la facilité des communications par le télégraphe et le téléphone, rendent les rapports entre les hommes de tous pays plus fréquents, et développent les sentiments <Ie solidarité. Tous ces phénomènes sont les signes avant-coureurs du siècle de !"association, qui viendra remplacer l'ère de la compétition, - si l'homme, dans sa folie, ne s'y oppose pas 1
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==