La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

732 LA REVUE SOCIALISTE Cette brute, écrasée de servitude par les siècles, n'ayant pour fortune et Providence que le travail, manifeste sa puissance par ses œuvres. Ce peuple a des frissons de révolte et d'espoir. Il a droit à nos rêves, à nos joies de cœur et d'esprit. Il tressaille d'un immense désir d'indépendance et de volonté, lui qui connait la rude poésie dP-sexpiations et des ténèbres. Confusément, cette race redoutable cherche la porte de lumière, réclame une justice, une sAcurité, une harmonie humaine. L'idée fermente dans cette àme du peuple. Une création se prépare. On ne sait quelle terre va surgir, mais ce sera une terre plus féconde et plus douce. Le peuple une fois de plus sera Dieu. Assisterons-nous comme des pierres, à ce profond réveil? Non I Nous voulons tromper notre idéal aux angoisses communes et dispenser par le verbe, par le livre, par l'art, la religion de l'humanité. Les moyens sont faibles, hélas I La servitude aussi toujours est sur nous. Mais nous voudrions aller pleins d'amour et d'orgueil, sans le bagage de scolastiques, labourant les âmes et semant la pensée. Et dans la voie sociale, parmi les plèbes, nous sentons là-bas, loin encore, une aurore meilleure. GP-orges BEAUME. 2, Rue Berthollet. 2ï mars 1891.

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