La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

73l LA REVUE SOCIALISTE Yoilù poul'quoi il impo1-te de faire la lumière et de s'cntenùre, rie chcrçhcl' les moyens de rapp1·ocher les hommes et éviter tout cc qui peut les diviser ... Après cc discours,lescongressistes se sont occupés de laquestion de l'assistance par le travail. Plusieurs orateurs ont signalé les excellents résultats obtenus par les institutions de ce genre tant en France qu'à Gênes et à Genève. La ville de Marseille qui po~sède, à cet égard, une organisation très remarquable a ou les hoo ncur·s de la séance qui a été sui vie d'noe visite aux. di Yers :iteliers créés à cet effet. La seconde séance a <':téconsacrée à la répression de la littérature pornographique. On a parlé d'un vaste pétitionnement -en vue de contraindre le gouvernement à agir avec sévérité. Un membre a fait observer avec raison qu'il vaudrait mieux diviser la question et s'attaquer tout d'abord à l'affichage et à l'étalage souvent scandaleux d'images aussi licencieuses quïneptos. Abordant enfin les questions plus spécialement économiques le Congrès a entendu un remarquable rapport de M. le pasteur Comte« sw· les résultats actuels et futurs cle la coopération». Reconnaissant les maux de l'organisation économique actuelle, l\I. le pasteur Comte montre bien quo tont étant actuellement organisé en vue de la p1·oduction seule et do l'intérêt particulier, il s'e:n suit unP. fou_lcde conséquences néfastes : surproduction, chùmago forc1\crises meurtrières pour la classe laborieuse, inégale et iniqne répartition des produits, création d'une foule dïnt'ermédiaires parasites, qui rendent la vie qnotidienne de plus en plus chère. Le remède f,;etrouve dans l'interversion des r6les: La consommation doit dominer et règler la production, et cela par le moyen des sociétés coopératives de consommation qui d'abord feront cesser l'exploitation des marchands et qui plus tard commanditeront avec les bénéfices réalisés les iudustries de première nécessité. Ainsi la justice économique sera peu à peu une réalité, le salariat aboli et l'antagonisme remplacé par la solidarité. L'optimisme bienveillant et utopique de M. le pasteur Comte n'a pas été complètement partagé par M. Gide qui a fait observer (et avec juste raison à notre avis) que tout en acceptant l'ensemble de CPS données et de ces espérances, il ne fallaiL cependant pas faire de la coopération une panacée universelle. li sera impossible, en effet, d'y faire jamais rentrer los compagnies de chemins de fer et des mines qui nn jour ou l'autre reviendront à l'Etat. Ajoutons même, que, conformément aux doctrines de cette Revue, la coopération ne rachète jamais les

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