HISTOIRE D'UN MONOPOLE 67 « sei•vices au complet en hiver comm,e en ete. ~'\ 'etant pas « 111,aitresde regler nos sei•vices. . . » En 188:3,volte-face complète: « .Nousn'avons pu souscrire « à la de,nande qui nous a ete faite pmA l'adniinistration « municipale cle mettre en e.r;ptoilation plusieurs lignes nou- « velles et pi·olongements de lignes ct'o111nibusel de moclifi,e1· « noti·e horaire. L'llesitation ne nous était pas pei·mise, « quelles que pussent être {l'ailleurs les conséquences de « notre i·efus. » Une contradiction de langage aussi caract~•ristique à une année <l0 distance, ù quelques mois peut-être, dit assez la confiance qu·on peut fonder sur les déclarations et les promesses de la Compagnie, sans que nous ayons besoin d'insister. Le différ0nd, officiellement proclamé, entre la Ville et la Compagnie, date de ces années 1883 et 1884. (Rapport sur l'exercice 1883). A la suite des réclamations multiples, formulées par la population parisienne, sur l'insuffisance de.3 ligrH'S existantC's et des voitur0s en circulation, le Cons0il général <l0la Seine d'abord, par une délibétntion en date dn 16 mars 1883, notifiée à la Compagni0 des omnibus par une lettre préfectorale 0n date du 14 avril de la mème année, invitaitcelle-ci àacceptP-r la création de divers0s lignes de tramways sur lo réseau départemental. La Compagnie s'y refusa. Le Conseil municipal, de son côté, pressé par les réclamations unanimes de la population, dont les besoins d'e circulation n'étaient plus satisfaits par les moyens de trans.ports existants, décidait. en 1883 la création de douze nouvelles lignes d"omnibus. La Compagnie se refusa à exécuter cette délibération. L'Administration eût dù ag-ir sans retard contre cette violation du contrat. Mais, je l'~i déjù dit plus haut, l'Administration est portée à user de ménagements enYers les compagnies concessionnaires récalcitrantes, et on va voir quelle longanimité elle déploya en cette circonst~n cc. La délibération du Conseil fut prise le 11 juin 1883. M. Oustry, prédécesseur de M. le Préfet actuel, notifia, par une lettre en date du ~3 jnin de la même année, la ùécision ù la Compagnie. Celle-ci répondit. le 1°"aoùt 1883, par une communication dont· l'ironie mérite d'être rC'produitc, car elle est la morale de la politique économique des monopoles. . Aprbs avoir affirmé qu'elle ne pourrait exécuter les délibérations du Conseil sans porter un grand préjudice aux intérêts de ses actionnaires compromis par l'exploitation onéreuse des
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