SOLIDARlS)!E SOCIAL ï05 nos jours le culte de l'hwnanite chanté par les poètes, prêché par les philosophes socialistes, démontré par les martyrs de la liberté et de la justice. Il serait facile de montrer à travers l'histoire que toL1jours l'instinct de la vie, l'insLinct de conservation de l'espèce ont été la sauvegarde de l'humanité au milieu de ses crises, de ses crimes et de s~s folies. Les exceptions ne peuvent rieu prouver: le faiL seul de la survivance de notre espèce, après toules ses eauses de destruction, suffit pour prouver amplement notre dire et rassurer les inquiets sur notre avenir actuellement très menacé, il faut bien le reconnaitre. L'histoire des sciences physiques nous montre la lenteur ou mieux. l'absence de tout progrès sans que la Yieillc conception anthropomorphique des Forces de la l\ature n'eùt fait place à la notion naturiste, physique. l'ious ne devons pas nous étonner davantage de Yoir la notion du brsoin de Yivre, mème renforcé par la peur affolante de la mort, n·arnir pas encore abouti à faire du << soin de tout ce qui a trait à la vie» l'idée dominante, fondamentale de notre existence, tant que nous conserverons nos idées sur le surnaturalisnie de notre vie. A quoi bon, en effet, chercher les lois de la vie si nous croyons que la vie est de pl'incipe surnriturel et par conséquent ne peut être soumise à ancune loi contingente? l\'est-ce pas un contre-sens de chercher des lois à notre existence si nous avons notre « librearbitre )>? Cependant, ici encore, l'instinct humain l'a emporté sur toute:; les théories; après bien des tàtonnernents et des erreurs, les sciences biologiques se sont élevées audacieusement en face des foudres « surnaturalistes >) et malgré les tonnerres et les fulgurations, elles ont conquis droit de cité en préparant aussi lentement que sûrement le nid des sciences morales et sociales dont l'éclosion ne peut se faire qu'en brh,ant la coquille solidement pétrifiôe des vieilles idées. Parmi ces dernières, il n'en est point, croyons-nous, de plus pernicieuse de la société que celle qui consiste à croire que rargent est le preniier de tous les besoins et la source de tous nos bieiis : Certes, nous ne voulons ni nier, ni dissimuler l'importance capitale de la question économique, mais nous ne pouvons pas non plus ne pas faire remarquer l'erreur fondamentale de ce qu·on a appelé improprement« la Philosophie du ventre. )) Si en effet au besoin de vivre devenu conscient est venu s'ajouter le besoin du plaisir, le désir du bonheur, on ne peut méconnaitre que ce besoin de plaisir et ce désir de bonheur peuvent apparaitre et se clévelopper chez des êtres humains plus ou moins ignorants et privés des « jouis45
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