LA REVUE SOCIALISTE sances dn bien-être matériel» dans le sens où l'entendent les défenseurs du l< Veau-d'Or», pas plus qu'on ne peut nier la possibité, mème dans notre milieu si terriblement soumis à la domination de l'argent, de goûter la <l joie de vivre >> et de préférer les plaisirs esthétiques et intellectuels aux « plaisirs de la chair ou de la table ». C'est le cas de rappeler que le plaisir comme le b0nheur sont essentiellement subjectifs, ce qn'on traduit en langage causant: « Chacun trouve son plaisir où il le place». Certainement c'est un fait que l'argent est devenu indispensable dans nos soci6tés civilisées; mais s'en suiL-il que l'argent soit le moyen le plus universel, le plus sùr, le plus indispensable pour satisfaire notre besoin de plaisir et notre désir de bonhenr? « La fortune ne fait point le bonheur, non, mais elle y contribue» voilit, croyons-nous la vérité. Du re::;te, quand même 011 voudrait per ister ù accorder la prépondérance à la question économique, il n'en resterait pas moins certain, de l'avis de tout le monde.que la santé est la condition indi 'pensable pour pouvoir jouir de la fortune et du bienêtre, c·est-ù-dire qu'elle est le « premier de tous les biens. i, S'il en est ainsi, ne devrions-nous pas nous étonner de voir ce bien suprème si négligé, si étrangement sacrifié, alors que nous rnyons an contraire un ac<;ordsi unanime à se préoccuper avant to11t des questions d'argent? A premi€!re vue, il y a là, en effet, de quoi nous déconcerter, de quoi nous faire douter de l'intelligence de l'humanité. ~Jais il suflit d'un peu de réflexion pour reconnaitre an fond toujours le même instinct de la vie dan nos préoccupations matél'ielles qui ne sont que la manifestation de notre besrJin tout instinctif et irrésistible d'assw·er nos moyens d·existence et par conséquent la srtntd seulement, ici comme toujours, l'humanité a commencé par ne voir que le coté le plus apparent de la question, c'est-à-dire par s'occuper des conditions extrao1·griniques, ext1·insèques de la sante avant <le se soucier des conclilions intrinsc~ques, organiques, physiologiques cle la vie elle-niéme. Toutefois, le succès de la m6dccine à travers les âges, en dépit des erreurs et malgré les étranges pratiques de l'ignorance, de la cabale, du charlatanisme et de l'esprit doctrinaire prouve suffi 'am ment la large place occupée dans les préoccupations humaines par le souci <lela santé: l'importance de plus en plus grande attachée aux sciences médicales dans nos sociétés modernes, prouve encore mieux que l'conow· àu souve1'Ctinbien, la sante, augmente d'autant plus que nous prenons une conscience plns nette des véritables lois qui régissent tout ce qui a trait à la santé et à la vie. Bie.n plus, nous voyons surgir des
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