La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

L'ENQUÊTE MONÉTAIRE 683 L'EN.QUÊTEMONÉTAIRE Le Ministre des Finances a fait procéder le 22 avril dernier, à une enquête monétaire exécutée selon la méthode employée pour les précédentes, mais un peu plus larg~ dans son assiette, parce les Banques de France et d'Algérie, les troi~ départements algériens, le Crédit Lyonnais et la Société Générale, ont été appelés à fournir leur concours; en 188, et auparavant, seules les Caisses publiques de France, avaient procédé au recensement de leurs espèces. Avant d'aller plus loin, il est bon de signaler à nos lecteurs que cette enquête n'a point été spontanée; elle a été faite, ainsi qu'en •témoignent les documents publiés, pour « se conformer au vœu cc exprimé par un certain nombre de membres du Parlement. >> En effet, le 14 mars 1891, Antide Boyer avait rédigé une proposition de loi qui, renvoyée à la Commission du Budget, avait été prise -en considération par cette dernière. Or, cette proposition de loi avait été inspirée par les conclusions de mon derni.:r livre Où est l'Argent ? que le docteur Delon a si favorablement présenté aux lecteurs de la Revue. A la fin de ce livre j'avais aussi formulé une propositin de loi, dans laquelle j'avais indiqué qu'au lieu de laisser des agents ministériels exécuter l'enquête, il serait préférable de confier la constatation de la réalité des espèces recensées, à une délégation des municipalités de chaque commune où s'effectueraient les opérations. Cette disposition n'a pas été reproduite par Antide Boyer et je reconnais que son maintien dans le projet déposé, n'eût point favorisé la bonne voumté soudaine de M. le Ministre des finances. Quoi qu'il en soit, entre la proposition de Boyer et celle que j'avais.

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