La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

68-! LA REVUE SOCIALISTE formulée dans mon livre, il n'y a pas d'autre différence que celle que je viens de signaler. Ce n'était cependant pas sans un motif grave que j'avais souhaité l'intervention des municipalités : Une enquète monétaire qui eût porté, pour la j 1rw1ière/Clis, sur les encaisses111ét.1/liq1d1elsa Banque de France et de ses s11ccursales, eût permis de contrôler efficacement la sincérité de l'allégation de celle-ci prétendant qu'elle possède en caisse deux milliards et demi environ d'espèces, .allégation dont j'ai dénoncé et démontré le caractère fantaisiste. Or, après l'enquête, telle qu'elle a été conduite, mon accusation reste debout, car la Banque a eu bien soin de ne faire entrer en ligne de compte que la recettede la journée du 22 avril 1891 seulement. Il était impossible d'avouer plus clairement le désir de se soustraire à tout contrôle. La Banque. il est vrai, peut alléguer, que ce qui était intéressant à connaître, c'était la circulation parmi le public et non pas l'existence des stocks, puisque ceux-ci sont déclarés dans ses rapports annuels. A quoi il était facile de répondre, comme l'a fait d'avance Antide Boyer et comme je l'avait fait moi-même, que la Banque n'inscrivait que des moyennes annuelles, d'un caractère vague, et tout-à-fait insuffisantes à donner une idée des besoins commerciaux de chacune des localités recensées. A ce point de vue, la recette d'une seule journée est tout aussi insuffisante, parce qu'une journée est un simple incident, tandis qu'un encaisse total est la résultante des opérations d'au moins une semaine, sinon d'un mois entier. Donc, en ce qui concerne la grave accusation, que j'avais portée contre la Banque de France. de ne pas accuser sincèrement son encaisse métallique, loin de m'apporter un démenti, renquète du 22 avril, la corrobore au contraire implicitement. Voyons maintenant, ce que dit la même enquête sur la disparition du numéraire et, notamment, la raréfaction de l'or: Sur ces deux points et malgré touks les précautions prises pour atténuer des résultats, l'enquète me donne raison d'une façon éclatante. Les précautions prises ont consisté à comparer les résultats de 189, avec ceux de 1885, en laissant substituer, dans les chiffres comparés, ceux des départements algériens, qui n'avaient pas figuré à l'enquète précédente. Bien entendu, j'ai rectifié cette erreur, et dans des chiffres comparatifs que je vais donner, ne figureront que les éléments identiques ayant servi de base aux dernières enquètes. Dans mon livre Où est l'Arge11t? j'avais signalé cette étrangeté que, plus les impôts et les budgets s'accroissaient, moins on trouvait .de numéraire dans les caisses publiques chargées de les centraliser, et

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