La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

6i L.\ REYUE SOCIALISTE en sens inverse, des frais de location, est telle, qu'il suffit de l'avoir sons les yeux pour se convaincre aussitôt qu'on se trouve en présence d'.nnc gestion déloyale, dolosive des intérêts de la Yille. Suit un tabieau donnant, année pai- année, depuis 18J4, le nombl'e maximum des voitul'eS et des chevaux en sel'v1ce. le chiffre des voyagcul's, en l'egal'd, le montant ries loyers et leur propo1-tion par voiture, cheval et voyageurs. Yoici quelques exemples des scand,dcuses majorations: De 508,124 francs en 18G0, le montant des loyers est passé à 3,808,580 francs en 1889 ! En 1860, le· montant des loyers représentait par voiture 096 fr. 32 c.; en 1880, alors que l'C'xtcnsion t'•norme prise par la Compagnie aurait chi diminuer considérablement le rapport de 1800, cc montant s·t'·lèvc ù la somme presque fabulense de 1,312 fr. 73 c. La progression des loyers, qnand on prend pour terme dC' comparaison le rapport avrc le nom brc <les voyageurs transportés, apparait encore plus formidable. En 18G0, avec de::- voiLures <le21 et 28 places, alors que l'C'ntrepri.'c subissait de cc fait des charges importantes a11jour<l'hui réduites par la substitution des Yoiturcs ùe 40 et 50 places et la réduction proporLionnello de la cr1.-valeric,le montant drs loyers par voyageur transporté rcssortaitù7 millimes. En 1880, alors qne le nombrc des voyageurs a passé de 71,500,000 à 200,000,000, les frais <le loyer par Yoyagcur dépassent 21 millimes. Ils ont plus que triplé - alors que, si la Compagnie aYait poursuivi son exploitation dans les conditions normales prévues par l'art. 3, ces dépenses auraient dû. descendre an niveau on même au-dessous du niYeau de 1854, G millimes par voyag-('nr. Et ce quïl y a de particulièrement onéreux pour la Yillc de Paris, dans cet accroissement constant des loyers, c·est qu·a.u début ce sont bien réellement des loyers que la Com1iagnic iuscriL à son compte d'exploitation, tandis q11·aujourd'hui ces loyers s·appliq uent pr0sq ue en totalitô ù des immeu blcs achetés avec des obligations dont le compte exploitation supporte l'inté-- rêt et l'amortissement. De sorte que, ù'trne part, la Yille a étô frustrée dans le partage des bénéfices, par les émissions successives d'obligations do11t les annuitt',s alourdissent tl'auta11t rcxploiLaLion et restreignent les bén(·fices; et que, <le l'autre, ces obligations ont servi ù. la Compagnie ù acheter dc's immeubl<'s dont elle prélève le prix du loyer sur les recettes, ù raison de G½ l'an. Le total des immeubles a coûté, selon l'inventaire, Gl millions de francs environ, payés avec des obligations prélevant sur les recettes des annuités s'élevant à environ 3,600,000 francs.

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