JIISTOIRE D'UN ::\IONOPOLE 63 purement personnel, non compris celles qu'il put recevoir sur le nombre de parts affectées anx eutreprises dans lesquelles il se trouvait intéressé.- Dix. mille autres parts effectivement souscrites ù 500 francs, et émises de 1858 ù 1885, complétaient les 31,000 actions du capital que vous voyez figurer aujourd'hui dans tous les bilans soumis à votre con trole ... Les protégés de M. Piétri étaient insatiable··; ils voulurent encore sousc1·it·e à eux seuls les 10,000 actions de 500 f1·. nécessai1·es comme fonds clc capital, puisque les 2-i-,000actions ne rcpré.;;entaient qu'un capital fictif qu'une Administration soucieuse d'honnêteté et de l'intérêt du public n'aurait pas consenti aux aigrefins de la nouvelle compagnie. Le conseil d'Etat, pourti,nt peu scrupuleux, leur interdit cette faculté de préemption et fit vendre les nouvelles actions en Bou1·sc, où elles valaient 840 et K,Ofl'ancs. Les fondateurs, ainsi frustré.~ d'une f-omme ronde de 3,500,000 francs qu'ils avaient escomptée à l'avance, jetèrent feu et flammes, mais durent se soumettre et laisse1· enti·ei· dans les caisses de la Compagnie cette plus-value, qu'ils se fussent att1·ibués sans l'intervention du Conseil d'Etat. ·Avec <les gailla1·ds si peu embal'rassés des préjugés sui· le juste et l'injuste, l'exploitation devait être aussi cff'r.ontémcnt malhonnète que l'avait été la fondation . li en fut bien ainsi, malgré le traité quelque peu améliorateur de 1860; le Rapport <le Rouanet est on ne peut plus instructif sur ce point. Nous passons bien des alms divc1·s que le rapporteur signale, et a1·1·ivons à cc que le conseiller de Clignancou1·t appelle !'Amélioration dolosive du fonds social et les fantaisies administratives de la Compagnie s'excl'(:ant sous l'œil de l'Administration imbécile ou complice . ... En ce·qui touche le contrùle incessant,no!,amment,qu'rllr aurait dù exercer sur la. gest,ion de la Compagnie, pour pr{~venir, comme je l'ai dit ci-dessus, l'amélioration du fonds social, l'Administration a laissé la Compagnie procéder, dès 1865, ~L des achats d'immeubles sur la destination desquels il était impossible de se faire illusion: dans'la pensé<>du Conseil d'administration qui proc<'.,dait à ces achats, l'acquisition des immeubles avait moins pour bnt de fournir la Compagnie des locaux néce~saires à l'exploitation, que de constituer pour la liquidation future un capital etfr~ctifimportant à répartir entre les actionnaires. Cela est si vrai, que l'accroissement du capital-immeuble poursuivi par la Compagnie générale des omnibus n'a nullement été proportionnel au développement de son matériel. Cependant, dans toutes les entreprises, on observe que les frais de premier établissement s'appliquent au chapitre des locaux comme aux autres. L'extension d'une entreprise quelconque permet de réaliser des économi0s sur les loyers comme sur les autres dépenses. En examinant la progression suivie par le prix de location des immeubles nécessaires à la Compagnie des omnibus, c'est le contraire qu'on voit se produire, et cette progression,
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