La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE MODERNE 6G9 connu sous le nom d'humanités ou étude des langues et des. littératures et trace un plan d'instruction puremcntscie11tifique, philosophique et encyclopédique. III Examinons maintenant le plan d'études et le programmede l'Enseignement moderne (1891). 'font d'abord il ne faut pas oublier que c'est là un plan exécutoire dès cette année; c'est donc une œuvre pratique, empirique mème. [l serait pen philosophique de la juger par confrontation avec un plan idéal. Et pourtant quel jugement porter snr rien, si l'on rejette cette méthoJe de superposition? Ce qui est équitable, c'est de faire deux parts dans son examen. Dans la première, on examinera le plan d'études tel qu'il se présente comme réalité, avec le personnel scolaire et le personnel enseignant actuel, avec les traditions régnantes et les opinions_ ou préjugés dominants. En second lieu, on pourra faire abstraction de l'ét.at mental et social des hommes - élèves et maitres se renouvellent- et superposer l<' plan actuel au plan idéal que l'on se fait. Plaçons donc les nouveaux programmes dans le milieu r{•el où ils doivent être immédiatement appliqués. Qu'on accorde d'abord ce fait d'observatiou: La majorité des parents qui font donner à leurs fils l'instruction secondaire, s'occupent assez peu des vertus intrinsèques, réelles ou prétendues, des humanités anciennes et même des humanités modernes. Ils Yeulent que l'enfant fasse partie de la « bonne société » des « classes dirigeantes, )) Il y a lA, comme le remarque M. E. Egger (1), un pur sentiment de vanité et un motif d'intérêt, vanité et intérêt qui tiennent, d'ailleurs, à un des plus puissants instincts de la nature humaine. Quand il existe des classes assez nettement séparées les unes des autres, des classes dites dirigeantes et des classes dites dirigées, tons ceux qui en ont le moyen veulent que leurs enfants fassent, autant que possible, partie des classes dirigeantes, qu'ils passent au moins par la même filière d'instruction que les enfa11tsnés dans ces classes. D'où l'attrait qu'exercent invinciblement sur les familles les études secondaires, les « humanités. >> (l) E. Egger : La t1·adition et les réformes dans l'Enseignement u11ive1·sitaire. - G. Masson.

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