(368 LA REVUE SOCIALISTE mais les liens de la tradition nous enserrent. Rendons plus précise et plus analytique la langue nationale, le français. Il se trouve, par un heureux hasard, que c'est en même temps la langue la.moins imparfaite de toutes, au point de vue de l'analyse des idées et de l'explication scientifique. Profitons dece don de la nature. Le Cours cl'etudes de Condillac, si l'on en supprime la.partie de matériel du latin (vocabulaire et grammaire), quïl traite d'ailleurs d'ufle façon originale et désinvolte, est tout à fait conforme au plan esquissé par Diderot: Arithmétique, Algèbre, calcul des probabilités (langue du calcul), mécanique, hydrauliqur, étude de la sphère, système du monde et astronomie, physique expérimentale, histoire naturelle, chimie, physiologie végétale et animale, le tout pénétré de critique philos0pliique, l'analyse des choses ne faisant qu'un aveq l'analyse des idées. Le cours se termine par ce qu'on peut considérer comme une concm,sionaux exigences du jour, religion et métaphysique restreintes à la distinction des deux substances, la spirituelle et la corporelle, et à l'existence de Dieu. Quant à l'histoire et à la géographie, Condillac, dans uu cours (qui a été plus pillé que cité par les modernes historiens philosophes), ne les traite que comme une illustration de la science des lois et de la scieuce économique. Voici donc indiquées, d'après deux des plus illustres encyclopéclistes, les grandes lignes d'une réforme de l'enseignement secondaire. Tous ces traits on les retrouvera pendant la Révolution, avec Condorcet, Daunou, Lakanal. C'est pourquoi nous avons préféré rcmouter à la source. Rappelons deux principes importants, il ne faut pas craindre <l'y insister,car on les noie d'ordinaire au milieu de tant de détails sans importance, qu'ils valent la peine d'être détachés et soulignés fortement. Diderot se place au point de vue social. Il n·aamet pas qu'il y ait, distincts par leur science (car le développement de l'esprit à travers les divers àges de la vie est loin d'être méconnu), irréductibles dans leurs organes et leurs fonctions, trois enseignements distincts: le primaire, le secondair<", le supérieur. Il donne avec une remarquable précision et un énergique parti pris la définition de l'instruction intégrale. Les humanités tant modernes qu'anciennes sont résolument jetées hors de l'enseignement public. Condillac se place au point de vue de l'analyse des idées ou plutè>t du développement même des fouilles mentales liées à rorganisme cérébral: Il rejette le système d'enseignement
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