L'E:'<SEIGNEllfEl'iT SECONDAIRE MODERNE ÜÜÏ ce petit côté, s'il considérait les choses à travers la lunette de l'humaniste, il l'avoue franchement, le grec et le latin anraient sa préférence. rrant qu'à faire des langues et des littératures la base d'un en~eignement secondaire, mieux vaut le grec et le latin que l'allemand ou l'anglais; Sophocle est préférable ù Shakespeare et Tacite à Hume. M. Raoul Prary qui célèbre le~ grâces d'état des langues vivantes n'est à aucun degré le disciple de Diderot et des encyclopédistes. L·enseignement secondaire, tel que le conçoit Diderot, est un enseignement exclusivement scientifique et philosophique. C'tist un système d'instruction intégrale et populaire dans le sens large du mot. M. L. Sicard l'a bien noté : « Une chose nous « frappe, dit-il, dans ce système, c'est l'absence d·nne démarca- « tion essentielle entre l'enseignement secondaire et l'enseigne- « ment supérieur. Diderot a pu le voir, mais s'il l'a vu, cc n'était « pas à ses yeux une lacune. Pour lui, le cours des études « secondaires n'est qu'un enseignement progressif de cours élé- « mentaires. )> Le type de l'enseignement secondaire a donc été nettement fixé par Diderot. Il a tracé un programme auquel, sauf les matières introduites par pure convenance, il n'est besoin mt\me aujourd'hui de rien changer. Il peut se résumer ainsi: enseignement systématique et gradué des sciences pénétré de philosophie. II Condillac ne se place pas au point de vue social. Il considèrr. seulement les lois de l'esprit, c·est-à-dire la structure cérébrale de l'enfant et de l'homme. Ses observations méri ton t J'ètre mises à coté des plans de Diderot. La convergence de deux esprits qui partent de points en apparence si distants est, scmble-t-il, une grande probabilité de justesse dans les conclusions. On ne se rencontre ainsi qu'aux. alentours de la vérité. Condillac rejette aussi résolument, plus résolument rnème que Diderot, l'étude des langues. Dans son Cours ctétudes, il est vrai qu'il donne une large place à la langue latine et à l'érndition historique. C'est la tradition, il la suit comme il doit et la respecte comme il peut. Mais il ne fléchit pas sur le principe: une langue bien faite c'est la science même orgauisée. Il n'y a donc pas lieu d'étudier plusieurs langues. Perfectionnons celle' que nous avons. L'idéal serait d'en former une de toutes pièces,
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