638 LA REVUE SOCIALISTE trempé dans une affaire de spéculation, lâchement abandonné par les princes. il dédaigna de se senir du seul moyen qu'il avait de se disculper par fidélité aux Bonapartes. Il ne fut jamais courtisan, ce soldat vraiment loyal, même trahi par ceux qu'il avait aimé; il ne sût point se venger, laissant à d'autres le soin de réparer cette criante ingratitude. Son fils, qui n'a pas, du reste, les mêmes raisons de ménager les Bonaparte dont il a été au contl'aire un des plus ardents rd\·ersaires, ne pouvait faillir à ce devoir. li ne nous con\'ient pas de louer· Xavier de Ricard à ce propos, car il est de ceux qui ne comprennent pas qu'on les complimente pour le devoir accompli, mais où il nous est permis de le féliciter sans ré:;erves c'est quand il établit les véritables origines du mouvement littérai1·e qu'on a désigné sous le nom de Parnasse contemporain. Jusqu'ici, trop modestement il avait laissé s'accréditer nne légende trop juda'ique et trop habile dont l'auteur se targuait non sans imprudence. Xavier de Ricard a bien fait de remettre les choses en leur place. Tant mieux si M. Catulle Mendès en est quelque peu marri ce n'est pas nous qui Je plaindrons, - au contraire. MAXENCE RoLoEs. Mes dernières nées, Eugène Chatelain (Bibliothèy_ue de la Revue Européenne, 64, rue de Turenne). Le vigoureux chantre des Exilés, Eugène Chatelain, malgré la süixantaine proche, n'abandonne point la lutte, ne perd pas courage, toujours debout toujours en avant, et reste l'intrépide communeux que nos ainés ont connu. Son nouveau volume: Mes de1·nie1:ensées, affirme encore son inébranlable foi en l'avenir meilleur, sa croyance au monde futur régénéré par l'amour. Et chacune de ses poésies ou de ses chansons, Eugène Chatelain exprime ses espoirs, il ne perd jamais de vue l'Idée nouvelle et rénovatrice, même alors que dans un rire il ne semble occupA qu'à narrer une gauloise histoire. Alexandre Rontique, un romancier de valeur, qui n'est certainement pas un inconnu pour nos lecteurs, apprécie comme il suit, le bon poète des prolétaires : cc Il est un remueur d'idées, toujours généreuses, L'un des plus lus parmi les poètes du parti socialiste, s'il. ne cueillit pas toujours la petite fleur rare qui ne croit que sur les haute cimes, s'il ne baigne pas son front dans les nuages, c'est qu'il prMère avant tout rester près des humbles qu'il aime, leur parler un langagtl toujours accessible : le leur. ,, Et certes, nous sommes en cela de l'avis d'Alexandre Bontique: mieux valent les idées un peu frustement exprimées que les oripeaux littéraires masquant maigrement le vide de la pensée. Ce n'est pas dire par là que Chatclain ne sait pas donner la forme littéraire à ses très nobles rères, mais c'est reconnaitre qu'il ne considère la forme que comme moyen secondaire, et il a bien raison. Il faut lire dans ce volume, outre la très humoristique « Nouvelle ronde d~s contemporains», Le Premier mai 1891, Les Gueules noires, d'une belle allure, Gue1Te à la Guerre, Chanson d'automne, Aux poètes Socialistes, Fourmies. Nous ne regrettons pùint pour notre part certaines pièces que
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