La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

REVUE DES LIVRES 637 notre auteur qu'à l'étranger, on comprend tout l'intérêt qui s'attache à ce problème d'ordre plus p1·atir1ue q UP- théoriq ne. En :\ llcmagne, les notabilités compétentes, d'abord monométallistes, telles que l\1. Nasse, ;\l. Soetbeer, Lexis, Schacffie, \\'agncr, Roscher, etc., se sont ralliés à cc uimétallisme; en Angleterre, pays de l'étalon d'or, toute l'économie politique est bimétalliste, en l.lelgiq ue également; la Ho!lande, monométalliste aussi. se prononce pour l'adoption internationale des deux métaux; quant aux Etats-Unis, je n'ai pas besoin de citer. La partie de l'argent est bimétalliste résolue. M. de Lareleye aura rendu à cette cause le service de résumer dans un rnlume très clair, tous les arguments en faveur de cette réfo1·me monétaire, et ce service ne sera pas des moindres. Gustave RouArsET. Autour des Bonaparte.- Sous ce titre, notre ami L. Xarier de Ricard publie d'importants extraits des mémoires laissés par son père le géni-ral de Ricard, ancien aide-de-camp du roi Jérôme, de 1852 à J8j(i, Ces sournnirs prennent les Bonaparte en 1798, époque à laquelle leur auteur connut intimément à l\larseillc les frères et les sœurs de l'iapoléon [er (sa famille et celle des Bonaparte était apparentée par M 11 • Clary sœur de sa mère) et les reprennent en 1852 au coup d'Etat pour se terminer au moment où le général abandonne la Cour en '185G. Pour des raisons particulières L. Xarier de Ricard, n'a pas voulu publier tous les documents qu'il tient de son père, une notable partie a d'ailleurs été dé1·obée à la mort du général en 1 67. Il est permis de croire légitimes les soup,;ons que Xarier de Ricard exp1·ime à ce propos« Si les héritiers d'un prince mort récemment veulent bien opérer une fouiile consciencieuse dans les papiers et documents qu'il leur a légués, ils retrouveront peut-ètre ces agendas. » Les direrse~ notes qui ont été soustraites, devaient personnellement intéresser le grand personnage auquel il est ici fait allusion. c'est celui des Bonaparte qui est le plus sévèrement jugé par un homme qui n'était pas cependant leur ennemi, mai!-1qui fùt avant tout et surtout un honnête homme. Ancien soldat de l'Empire, de cette génération qui s'était fait une sorte de religion du génie de [';'apoléon Ier, adversaire des Bourbons, le général de Ricard croyait la dynastie napoléonienne seule capable de donner à la France un gou rernement stable et progressif. Il vit une à une tomber ses illusions, il lui fut épargné cependant de voir les Bonaparte audessous de ses appréhensions. Ces notes. ainsi que le constate son fils, sont celles d'un devôt qui se désabuse au jour le jour de son culte. L. Xader de Ricard a fait précéder les mémoires de son père d'une introduction qui vaut la peine d'ètre lue, il y retrace quelques épisode& curieux de la vie politique et littéraire, à laquelle il fut si activement mêlé. pendant la dernière période du second Empire et il y défend la mémoire de son père, contre une calomnie, à laquelle la prince Jérôme Napoléon ne fut étranger. Ce dernier fait nous pro ure amplement toute la sincérité des jugements du général de Ricard. Faussement accusé d'avoir'

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