60 L.\. HEVUE SOCIALISTE qui nous dévoile ses secrets, comme c'est la vie elle-même qui nous montre ses lois en nous découvrant ses produits. La Physiologie est l'étude de la vie organique, la psychologie est l'étude de la vie mentale ou cérébrale, -la morale est l'étude de l::t vie de l'être social, la sociologie l'étude de la vie des sociétés. Toujours nous devons interroger la vie et lui demander les réponses au lieu de les lui donner; partout nous devons chercher dans les lois déjà connues de la vie, les causes et les sources des phénomènes nouveaux que nous pouvons observer. C'est en suivant ainsi la vie dans toutes ses manifestations, c'est en rattachant les phénomènes à leur vérit?-ble origine que nous avons le plus de chance de nous rapprocher de la vérité. Nous savons que la vitalité d'un organisme peut se juger en général par l'intensité de sa nutrition; nous voyons celle-ci tantôt suivre une marche régulière, tantôt rester stationnaire, s'arrêter pour ainsi dire, entraînant un affaiblissement de l'organisme, une sorte de sénilité physiologique, puis reprendre tout d'un coup, quelquefois avec une telle activité qu'il y a danger pour l'organisme, c'est ce que nous voyons dans certaines fièvres de croissance, c'est ce qui paraît produire la goutte, etc. Le cerveau humain ou plutè>t le monde mental présente de pareilles oscillations intéressantes et instructives à enregistrer. Tantè>t l'humanité s'immobilise cérébralernent sur une seule idée, tantè>t nous voyons tout à coup un travail de fermentation se produire avec son cortège obligé d'idées nouvelles qui remuent les masses, jettent la fièvre dans les tètes, bouleversent la vieille société : c'est une vraie po11sséede sève cérébrale, c'est une exubérance de la vie psychique qui éveille des instincts nouveaux, crée des besoins tyranniques comme tous les appétits organiques: c'est ce que nous voyons pour notre vieux monde mental qui agonise avec l'anéantissement des vieilles doctrines, d'où surgit une nouvelle existence sociale où l'intensité de la vie ne le dispute qu'à l'intensité de la lutte des besoins et des appétits. Jamais on n'a rien vu de pareil; ce n'est plus seulement la f utte entre partis, tribus ou nations, c:c- ne sont plus des masses menées par des chefs, c'est la lutte individuelle, que rien n'arrête, que personne ne peut mesurer, ni guider: c'est le travail moléculaire, terrible comme le jeu des forces moléculaires en physique. Le vieux monde est perdu, son agonie n'est plus qu'une question de temps: il nous produit l'effet d'une armée de beaux chevaliers du moyen-âge voulant lutter avec leurs lourdes épées et leurs chevaux bardés de fer contre notre artillerie moderne. li y a là un courant impossible à remonter: au lieu de nit!r la force de ce courant, de le laisser tout dévaster, il faut chercher à l'utiliser, à l'endiguer, si nous voulons éviter de nous replonger dans la plus terrible des barbaries: l'anarchie universelle. (l11 suite 11uprocl-ni11 1u111éro.) D" Julien P10GER,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==